Pour qui veut se lancer dans l'écriture, John Truby est une référence. De passage à Paris pour la sortie de son livre, le « script doctor » a ausculté pour nous les séries du moment.
Comment expliquez-vous le succès de « The Mentalist »*, une série assez classique ?
C'est une série policière à l'ancienne, privilégiant la progression d'un personnage principal qui doit résoudre un problème en un épisode. Mais ce Sherlock Holmes glamour propose une nouvelle façon de mener une enquête [il est spécialiste de manipulation mentale]. Et son passé torturé, avec l'assassinat de sa famille, attise la curiosité.
Est-ce la fin des séries complexes à la « Lost » ?
Le sujet fait débat aux Etats-Unis. Les chaînes privilégient aujourd'hui une solution mixte qui associe deux types d'intrigues : celles qui se résolvent en un épisode et celles qui s'étalent sur plusieurs. Mais il y aura toujours des séries comme « Lost », ne serait-ce que parce qu'elles donnent une bonne image d'une chaîne.
La tendance est au remake. Crise de la créativité ?
Cela n'est pas dû à une panne d'idées mais à la frilosité des producteurs qui visent un marché mondial. Il est plus vendeur et moins risqué de proposer des fictions connues du public. C'est pour cela que Disney a racheté Marvel. Le revers : à force d'exploiter le filon, on épuise la source en ne créant pas de nouveaux personnages, de nouvelles problématiques. On perd en originalité.
AMC produit « Mad Men », « Breaking Bad ». Le salut vient du câble ?
Deux séries remarquables ! AMC est une chaîne qui a tout compris à la création. Elle laisse carte blanche ou presque aux scénaristes. Une liberté que ne se permettent plus les grandes chaînes. W
* Sur TF1, le mercredi soir.