EXCLUSIF - Il veut voir avant sa diffusion le téléfilm qui lui est consacré, réalisé par Olivier Assayas...
Mercredi 13 janvier, les avocats de Carlos et ceux de Canal+ et de la société de production Films en stock s'affronteront au Tribunal de Grande Instance de Nanterre. En cause: la diffusion, au printemps prochain, d'un
téléfilm sur la vie d'Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, réalisé par Olivier Assayas.
Condamné en 1997 à une réclusion à perpétuité pour le meurtre de deux policiers de la DST commis en 1975, l'ancien terroriste doit encore être jugé pour plusieurs attentats commis entre 1982 en 1983.
Dans son assignation en référé, l'avocate de Carlos, Isabelle Coutant-Peyre, réclame qu'une copie de l'oeuvre lui soit remise, et un délai de trois mois pour «faire respecter les droits de la personnalité et à la présomption d'innocence de son client».
Gonflé
«En clair, ils veulent nous obliger à leur montrer le film, et pouvoir le charcuter avant sa diffusion, histoire d'en faire un monument à la gloire de Carlos», explique à 20minutes.fr le producteur Daniel Leconte. C'est une atteinte incroyable à la liberté d'expression et de création. Venant de Carlos, c'est quand même très, très gonflé et stupéfiant. Comme me le faisait remarquer notre avocat, au lieu de se préoccuper de sa vie privée, il aurait mieux fait de préserver, auparavant, la vie tout court!».
Egalement contactée ,Isabelle Coutant-Peyre dénonce, elle, une «tentative de racket de l'opinion publique»: «Ils vont commettre une escroquerie à l'histoire, et falsifier la vérité». L'assignation en référé mentionne notamment une phrase glanée dans un dossier de presse - «il s'installe à Khartoum dans une vie d'errance, d'alcool et de presse» - ainsi que d'autres éléments du scénario révélés par son auteur, Dan Franck.
Isabelle Coutant Peyre a écrit à Canal+ dès septembre 2008. La chaîne lui a répondu s'opposer «fermement à toute ingérence extérieure dans le processus d'une création d'une oeuvre de fiction y compris lorsque celle-ci s'inspire de faits réels».
Quelle que soit l'issue du référé, le conflit devrait ressurgir au moment de la programmation de cette fiction. «C'est, estime Daniel Leconte, une manière pour Carlos de revenir sur les devants de la scène. Il a toujours utilisé la communication comme une arme de guerre». Intitulé
Carlos, le film est actuellement en post-production.
Alice Coffin