Capture d'écran de la page Facebook de Nicolas Sarkozy où on apprend qu'il a donné des coup de pioches au mur de Berlin le 9 novembre 1989.
Capture d'écran de la page Facebook de Nicolas Sarkozy où on apprend qu'il a donné des coup de pioches au mur de Berlin le 9 novembre 1989. - DR
Lundi 9 novembre 2009, 21h30 L'auteur de la photo parle
Paul Clave, représentant en 1989 des Français de Berlin à l'Assemblée des Français de l'étranger, précise que la photo montrant Nicolas Sarkozy donnant des coups de pioche dans le mur de Berlin a été prise le 10 novembre 1989... par lui. Une photo, mise en ligne sur le profil Facebook du président la veille et jusqu'alors non datée. Quant au témoignage de Clave, il tombe à pic - c'est Philippe Martel, ancien du RPR, qui a donné le nom du photographe au site Rue89. «Cette photo je m'en souviens, je l'ai faite le 10 au soir à 22h, souligne Clave. A 17h on avait pris un café avec Madelin. Je n'ai pas souvenir d'avoir croisé François Fillon. Puis on est allé dans un café jusqu'à 2h du matin. A 6h30 le 11, ils prenaient un avion pour rentrer à Paris.» Bizarre, cette précision des horaires digne d'un agent de gare. Sauf que Philippe Martel, joint à nouveau par 20minutes.fr ce lundi soir, assure que c'était bien le 9 novembre, et non le 10, comme le prétend Paul Clave. En outre, c'est Martel qui possède cette photo prise, donc, par Clave (vous suivez toujours?).

19h Nicolas Sarkozy n’était pas à Berlin le 9 novembre 1989

C’est le titre du Monde.fr, qui assure que le président de la République «s’est trompé d’une semaine», via son nouveau blog «Les Décodeurs». Il aurait bien fait un voyage à Berlin, mais uniquement le 16 novembre 1989, pas le 9 novembre.

18h16 L’histoire amuse l’opposition
«Une fois de plus Nicolas Sarkozy n'a pas résisté à la tentation de réécrire l'histoire», a affirmé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui souligne que «manifestement» le président a dû se tromper de date. Et en fait un prétexte pour fustiger la présidence de Nicolas Sarkozy, qui «aura été caractérisée par le mensonge et par la manipulation, jusque dans l'ultime détail».

18h05 Avion ou train?
20minutes.fr rappelle Philippe Martel pour savoir si le voyage était en train, comme le dit Jean-Jacques de Peretti, ou en avion privé. Réponse de Martel: «C’était bien en avion.» Martel précise qu’il vient de parler au téléphone avec Jean-Jacques de Peretti et qu’il lui a rafraîchi la mémoire, en lui rappelant qu’à l’époque, un aller-retour en train Paris-Berlin, c’est très très long.

16h52 Jean-Jacques de Peretti parle d’un trajet en train

Alors que la version précédente de Philippe Martel évoquait un voyage jusqu'à Berlin en avion privé, l'ancien ministre de l'Outre-mer raconte à l'AFP comment il s'est rendu le 9 novembre 1989 à Berlin avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé pour assister à la chute du mur. Par voie ferrée. «On y était le soir du 9. On a dû partir dans l'après-midi à mon avis. On a pris le train pour y aller et on a dormi là-bas. Il y avait Philippe Martel, Sarko, Juppé et moi», se souvient le maire de Sarlat, Jean-Jacques de Peretti.

16h33 François Fillon rentre dans le jeu
Le Premier ministre a assuré qu'il avait bien croisé le président Nicolas Sarkozy dans la soirée du 9 novembre 1989 à Berlin. Fillon, alors député et membre de la commission de la Défense à l'Assemblée, était, lui, à Berlin depuis le 7 novembre. Puis le 9 novembre, «nous avons passé toute l'après-midi, toute la soirée, à assister aux premières grandes manifestations autour du mur et vers 23h, nous avons croisé entre la porte de Brandebourg et le Check Point Charlie Alain Juppé, qui était accompagné de Nicolas Sarkozy et de Philippe Martel, chargé des relations internationales au RPR. Nous avons bavardé quelques minutes ensemble», raconte encore François Fillon. Or cette version paraît tronquée dans la mesure où Libération a montré que Fillon avait fait une intervention à l'Assemblée nationale le... 8 novembre 1989.

16h Alain Juppé cafouille encore plus
Il change de date sur son blog. Alors qu'il avait écrit que son voyage à Berlin avec Sarkozy datait du 9 novembre au soir, il poste un deuxième message sur son blog, en ajoutant: «Le 9 au soir (ou quelques jours plus tard, ma mémoire est imprécise sur la date exacte)». Une vidéo officielle postée sur le site de la ville de Bordeaux le 3 novembre 2009 où le maire UMP évoquait également la date du 9 a quant à elle été coupée et remontée. Dans la vidéo remontée, plus de mention de la date problématique.

13h15 Coup de fil d’un conseiller de Nicolas Sarkozy à 20minutes.fr
Lequel assure que le service de presse de l’Elysée, qui gère le compte Facebook du chef de l’Etat, ne s’est pas trompé de date. Il assure que les vérifications ont été faites sur l’agenda de l’époque du directeur de cabinet d’Alain Juppé, et qu’en fait, il y a eu deux allers-retours de Juppé et Sarkozy à Berlin, lors de ce mois de novembre 2009. Le chef de l'Etat aurait en fait été deux fois à Berlin, une fois le 9 novembre 1989, plutôt en catimini, et une deuxième fois le 16 novembre 1989, pour la création, à l'époque, «d'une association, Solidarité avec les démocraties nouvelles».

12h30 Archives exhumées
Lefigaro.fr a ressuscité des archives de l'époque pour tenter de reconstituer le fil de l'histoire. Et des coupures du journal, et de vieilles dépêches AFP. Bilan: d'après les archives, Alain Juppé a bien été deux fois à Berlin en novembre 1989. Des articles l'attestent. Mais pour Nicolas Sarkozy, c'est moins sûr. Son nom n'est cité que pour l'un des deux voyages d'Alain Juppé, celui du 16 novembre 1989. Pas le précédent, qui aurait eu lieu autour du 10 novembre 1989.

10h Alain Juppé s'embrouille
L'ancien Premier ministre dit sur son blog être allé à Berlin avec Nicolas Sarkozy le 9 novembre au soir. Puis évoque le 10 ou le 11 novembre 1989, tout en cafouillant «je ne me souviens plus exactement».

Lundi 9 novembre 2009, 9h L'Elysée riposte
«Ce qui a été relaté est la stricte vérité», rétorque-t-on à l'Elysée. «Nicolas Sarkoy ne dit pas que le mur va tomber, seulement qu'il a des "informations" sur un "changement" à Berlin».

Dimanche 8 novembre2009, 20h12 Le blog d'Alain Auffray sème le doute

Le journaliste politique de Libération explique sur son blog intitulé «Coups droits» que la version des faits racontés par Nicolas Sarkozy sur sa page profil Facebook ne colle pas avec la réalité historique. Il était en effet impossible, dit le journaliste, d'anticiper la chute du mur de Berlin, et donc de préparer son voyage le matin pour le soir.

Dimanche 8 novembre 2009 Nicolas Sarkozy la joue revival sur son Facebook
Sur la page officielle du président, on apprend que le chef de l'Etat, à l’époque secrétaire adjoint du RPR, a «donné quelques coups de pioche» au pied du mur de Berlin, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989. Il le raconte sur son profil, photo à l’appui: «Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l’événement qui se profile (...) Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du mur».

Et vous, vous y croyez à cette histoire? Nicolas Sarkozy était-il selon vous à Berlin le 9 novembre 1989? Ou plus tard?


 

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