Le conseil d'administration du groupe Dow Jones a voté mardi soir en faveur d'une vente au magnat Rupert Murdoch, qui doit encore recevoir l'accord de la famille Bancroft
Le conseil d'administration du groupe Dow Jones a voté mardi soir en faveur d'une vente au magnat Rupert Murdoch, qui doit encore recevoir l'accord de la famille Bancroft - Pierre Verdy AFP/Archives
De notre correspondant à Los Angeles
 
Il avait accusé les moteurs de recherche et les agrégateurs de news d'être des «kleptomanes», des vampires et des plagieurs. Rupert Murdoch, le magnat à la tête de l'empire News Corp (Le Times, Le Sun, Le Wall Street Journal, Fox News...) est allé au bout de sa logique ce week-end, dans une interview à domicile sur Sky News Australia. «Vous pourriez choisir de ne pas être référencé par Google. Pourquoi ne le faites-vous pas?», demande le journaliste. «Je pense que nous allons le faire», répond Murdoch. Qui ajoute: «Mais ça sera quand nous commencerons à faire payer.»
 
 
Tous les articles articles payants des sites News Corp bientôt introuvables sur Google? A l'écoute des 37 minutes de l'interview, rien n'est vraiment clair –et il n'est pas certain que Murdoch, 78 ans, maîtrise exactement toute la technique derrière le référencement par un moteur de recherche. Car il poursuit avec cette précision «Nous le faisons déjà avec le Wall Street Journal. Nous avons un mur, mais pas jusqu'au plafond: si vous n'êtes pas un abonné de WSJ.com vous n'avez accès qu'au premier paragraphe.»
 
«Nous préférons moins de visiteurs, mais qui paient»
 
Or, les articles du WSJ sont bien référencés par les moteurs de recherche. Deux possibilités: soit Murdoch entend étendre ce modèle d'accès restreint au premier paragraphe –et en solidifiant son «mur» (il suffit pour l'instant de copier/coller l'adresse d'un article payant du WSJ dans Google pour contourner l'abonnement et y accéder gratuitement); soit il veut carrément rendre invisible les sites/articles à Google (possibilité que le moteur de recherche offre avec ses scripts robots.txt).
 
Dans l'interview, le magnat australien dit clairement son faible intérêt pour ces lecteurs «occasionnels» et «pas loyaux» que Google amène. «Aucun site financé par la publicité ne réalise de sérieux bénéfices», explique-t-il. «Certains parviennent à l'équilibre voire à gagner un ou deux millions». Peanut pour Murdoch, dont l'empire a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de plus de 30 milliards de dollars (pour des bénéfices en «baisse», à 3,6 milliards de dollars).
 
Un «déférencement» de Google, BoingBoing n'y croit absolument pas. Cela irait totalement à contre-courant de la philosophie web. Le lecteur «non loyal» qui picore de l'actu en cliquant sur n'importe quel site en tête de Google News ou via un lien partagé sur Facebook ou Twitter devient le norme. Mais Murdoch n'en démord pas: «Nous préférons moins de visiteurs, mais qui paient». Reste à savoir combien sont prêts à le faire.
 
 
Des articles non référencés par Google vous-pousseraient-ils à aller davantage sur la page d'accueil d'un site web?
 

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