«Les internautes forment un comité de lecture permanent de BD»

5 contributions
Publié le 30 octobre 2009.

INTERVIEW - Arnaud Bauer, le président et co-fondateur de manolosanctis.com, une maison d’édition de BD participative et communautaire...

Et si le modèle de MyMajorCompany fonctionnait pour la BD? C’est le pari de la plate-forme manolosanctis.com qui se targue de «publier et soutenir les auteurs choisis par les internautes». Le principe: les auteurs de bandes dessinées peuvent y montrer leurs planches en ligne, les internautes critiquent, puis un jury désigne ceux qui verront leur album édité, imprimé et vendu via le site.

Quel rôle comptez-vous jouer avec ce site?
Notre but est d’être un découvreur de talents. Quant aux internautes, ils forment un comité de lecture permanent. Ils peuvent commenter les oeuvres mises en ligne, même quand celles-ci ne sont pas terminées, importer les albums sur leur site, comme on exporterait une vidéo Dailymotion.

Rien n’empêche donc de copier les albums consultables? Et le piratage des oeuvres?
Personne n’est complètement à l’abri du vol ou du piratage. Mais le lecteur flash qui permet de voir les planches et les albums sur le site ne permet pas d’enregistrer ou de télécharger les planches. En outre, les auteurs écrivent sous une licence creative commons qui permet de décider du niveau de protection et de le signaler à l’internaute. Le contenu est ouvert et libre en ligne, et disponible à la vente pour une version papier.

A la base, l’édition n’est pas votre activité. Comment s’improvise-t-on éditeur?
Nous sommes trois co-fondateurs avec trois profils différents: un ingénieur, un artiste, et moi-même, qui vient du conseil en stratégie. La BD est le secteur le plus dynamique de l’industrie du livre. Il pèse 250 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Il y a aussi 15.000 blogs sur les bandes dessinées francophones. Nous souhaitions contourner le circuit de distribution qui représente une partie très gourmande: 60% du prix de l’album en moyenne.

Quel est l’intérêt de votre démarche pour les artistes?
Les éditeurs se rabattent souvent sur des séries à succès car les coûts de fabrication et de production sont énormes. Or nous ne fermons la porte à personne. Et financièrement, pour les artistes, c’est intéressant car dans le circuit classique un auteur touche 6 à 8% des ventes tandis qu’avec nous ça peut aller jusque 20%, si les ventes atteignent 2.000 exemplaires.

Qui choisit les albums qui vont être édités?
Le choix des internautes est important mais, en dernier ressort, c’est nous qui décidons quel auteur nous allons éditer et proposer à vente.

>> Voir Oklahoma Boy de Thomas Gilbert, le premier album édité par manolosanctis:

Propos recueillis par Aurélien Romano
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr