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Capture d'écran du site Rsf.org - DR

La France est la grande perdante du nouveau classement de Reporters Sans Frontières (RSF) publié mardi. L’Hexagone, qui avait déjà perdu quatre place en 2008, en perdu huit autres en 2009 pour s'afficher à la 43ème position.

Dans cette liste établie entre le 1er septembre 2008 et le 1er septembre 2009, les critères sont basés sur un questionnaire recensant des atteintes directes contre les journalistes (assassinats, emprisonnements, agressions, menaces...) ou les médias (censures, saisies, perquisitions, pressions...).

En cause

La raison de cette dégringolade? «Nous mettons en cause une judiciarisation croissante des affaires de presse, déplore Jean-François Julliard, le secrétaire général de RSF, interrogé par 20minutes.fr. Nous pointons aussi les récentes affaires de France3 et Rue 89 dont les journalistes se sont retrouvés convoqués par la police et ont été obligés de révéler les sources» après la diffusion sur le Net des propos tenus hors antenne par Nicolas Sarkozy.

«La protection des sources n’est toujours pas assurée et c’est un vrai problème», reprend Julliard, qui insiste: on ne devrait pas «interpeller un journaliste accusé de diffamation chez lui au petit matin». Une allusion à «la procédure musclée» de mise en examen de Vittorio de Filippis, le directeur du développement de Libération et ex-directeur de la publication du journal.

Pour RSF, «la France devrait au contraire avoir un comportement exemplaire». L'Europe, «longtemps exemplaire en matière de respect de liberté de la presse», recule, avec «seulement 15 des vingt pays issus du vieux continent contre 18 en 2008». «Il est inquiétant de constater que des démocraties européennes comme la France, l'Italie ou la Slovaquie continuent, année après année, de perdre des places dans le classement», conclut Jean-François Julliard.

Boom

Les Etats-Unis font un bond en avant, de la 40ème à la 20ème place. «L'arrivée du nouveau président Barack Obama et son attitude moins belliqueuse que celle de son prédécesseur à l'égard de la presse y est pour beaucoup», souligne l'organisation.

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