L'inexorable déclin du P2P

MEDIA D'après une étude américaine, le streaming a pris le pas sur le téléchargement via peer-to-peer...

Aurélien Romano

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Un logiciel de téléchargement peer-to-peer.

Un logiciel de téléchargement peer-to-peer. — JAUBERT

Le téléchargement sur les réseaux peer-to-peer (P2P) n’a plus la cote. C’est le résultat d’une étude orchestrée par le spécialiste américain de la gestion des réseaux Arbor Networks, auprès de 110 fournisseurs d’accès du monde entier, et qui sera publiée le 19 octobre. La proportion de téléchargement sur le P2P est passée, en deux ans, de 40% à 18% du trafic des fournisseurs d’accès à Internet. «Nous avons noté une évolution majeure des comportements», explique à 20minutes.fr Patrick Sonou, responsable commercial chez Arbor Networks pour l’Europe du Sud. «Aujourd’hui, les gens préfèrent le streaming, c’est d’ailleurs tout le succès d’un site comme YouTube sur lequel un milliard de vidéos sont vues par jour».

De 40% à 18% en deux ans

Plusieurs éléments expliquent la progression du streaming au détriment du P2P: la progression des autoroutes du réseau, avec la progression du très haut débit (sans oublier l’essor à venir de la fibre optique) qui facilite le visionnage des vidéos en ligne; la renommée de sites de streaming aux marques bien identifiées, comme Dailymotion ou Hulu, et la demande des internautes de voir leurs films et séries préférés sans laisser de trace - contrairement au téléchargement par P2P.

Résultat, note l’étude: le trafic lié à la vidéo sur le Web serait aujourd’hui situé entre 25% et 40% de la masse totale. «Face au streaming, mais aussi aux sites de téléchargement direct de type RapidShare et MegaUpload, le protocole Web est repassé au-dessus de la barre des 50 % du trafic (52 % précisément), note le site PC Inpact. Outre le Web et le P2P, les autres protocoles complètent les 30 % restants, à savoir la VoIP, le FTP, le courriel (1,4 % du trafic), les messageries instantanées, les newsgroups, etc.»

Selon Patrick Sonou, l’étude montre aussi que la loi Hadopi a fait l’erreur de surtout se concentrer sur le P2P plutôt que sur le streaming, «Si la faute sanctionnée par Hadopi, c’est le téléchargement, alors il n’y a plus de faute» en cas de visionnage sur les sites de streaming. Des sites pour lesquels Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, avait demandé, en février, l’ouverture d’une commission d'enquête parlementaire.


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