Votre livre* est plutôt à charge...
Non, c'est un plaidoyer pour la télévision, secteur dans lequel je travaille depuis vingt ans. Des attaques, il y en a, mais contre les élites qui méprisent les programmes. Pour eux, le cinéma c'est chic, alors que la télé, c'est comme guignol au Champ-de-Mars, bon pour les enfants. Les politiques ne la regardent pas. A part le JT, pour y voir leur tête.
Vous leur en voulez aux politiques !
J'en veux à l'Etat qui a placé la télé en hypo-ventilation, faute de lui offrir des moyens. Il a fallu que l'Europe intervienne pour qu'une deuxième coupure publicitaire soit autorisée. Si l'on veut des bons programmes, il faut de l'argent. Pour les chaînes privées, et pour le service public. Rétablissons d'urgence la redevance sur les résidences secondaires et augmentons-la.
Pas très populaire comme mesure...
Parce qu'on ne l'explique pas aux citoyens. L'enjeu est énorme. C'est une question de société. Les générations ne communiquent plus, et le paysage audiovisuel sera encore plus segmenté lors du passage au tout numérique et à 25 chaînes pour tous en 2011. Cette mutation est formidable, mais implique, pour conserver du lien, qu'on assure l'avenir d'une grande chaîne publique généraliste et fédératrice. A France 2 de relever cette mission. W
* Ed. Flammarion.