INTERNET - Délivrer une formation professionnelle, ouvrir un accès privé à un club ou à des petites annonces… Voici quelques uns des services (payants) que les sites proposent à leurs internautes...
Le 14 août dernier, le quotidien américain
New York Times a ouvert
un club d’amateurs de vin pour ses lecteurs et internautes. Le principe? Leur proposer d’acheter en ligne une sélection de bouteilles à la manière d’un caviste. Ce club complète l’offre, déjà large, de services que compte le titre.
Petites annonces
Car s’il est un site qui a mesuré l’intérêt financier des services aux internautes, c’est bien le
New York Times. Le 2 mars dernier, le site a inauguré
The Local, un réseau de blogs participatifs locaux que le journal a renforcé cet été en y intégrant son
service de petites annonces et de publicités.
Objectif avoué par Jim Schachter, responsable des développements numériques au
New York Times: attirer les commerçants locaux et leur vendre ce service, facturé 5 dollars (3,5 euros) pour 1.000 pages vues. «Evidemment, ce n’est pas un modèle économique durable, reconnaît Schachter. Mais nous réfléchissons à ce que cela pourrait donner. (…) Les gens sont-ils prêts à payer pour être associés à notre marque?»
Marque
La question est pertinente et laisse entrevoir l’émergence d’une source de revenus, même minoritaire. En France, plusieurs sites proposent aussi divers services. Ainsi, Rue89 a proposé cet été un
camp de formation destiné aux apprentis journalistes web. Les formations vont de
450 euros à 2.400 euros par personne pour un module durant un ou plusieurs jours.
Les Echos proposent également
une large activité de formations destinée aux professionnels de divers secteurs (audit, communication, marketing, RH, télécoms…).
Le site propose même la conception et la réalisation de sites. En plus de ces services destinés au monde des médias, Rue89 dispose de partenariats «avec Cadremploi, Parship et Booking» qui lui permet d’être également présent sur le terrain des petites annonces, précise Laurent Mauriac, directeur général du site. Et Rue89 ne compte pas s’arrêter là. «Nous sommes actuellement en discussion pour des annonces automobile», assure-t-il.
Pour Philippe Jannet, directeur du Monde interactif, le développement des services est intéressant mais requiert une cible bien identifiée. «Il est important de savoir à qui on s’adresse car on ne peut pas étendre son audience à l’infini, explique-t-il. Ce n’est pas une solution de compiler des services qui n’ont rien à voir avec les autres.» Car à force de trop en faire, un site peut se disperser, affaiblir sa marque et égarer ses internautes. «On saurait proposer des prix sur des hôtels ou des vols mais les services proposés par lemonde.fr doivent rester en lien avec l’actualité et les infos. Nous ne sommes pas des marchands de vin», conclut-il.
Services 2.0
Petites annonces, formation, club oenologique… Le marché des services est large mais peine pourtant à se renouveler. «Les sites du groupent propose déjà de tels services, avec notamment l'Etudiant, c’est un vieux business qui a fait ses preuves, explique Corinne Denis, directrice des éditions électroniques pour le groupe L’Express-Roularta. Internet suppose pourtant l’émergence d’un nouveau marché, avec des services à inventer.»
Selon elle, la piste du communautaire est la bonne et lexpress.fr doit dégainer prochainement un produit qui réunira les internautes selon leurs centres d’intérêt. «Nous préparons une chaîne culture autour des livres et du cinéma à laquelle les internautes pourront participer, dit Corinne Denis. Notre modèle se situe entre Wikipédia et Facebook. Nous proposerons une version light de service sans doute en octobre prochain.» S’il suscite l’adhésion des internautes, ce concept pourra ensuite se décliner en autant de chaîne que de centres d’intérêt. Cette piste du communautaire est déjà suivie par le site français
Cmonclibdefoot.com qui propose depuis mai dernier aux internautes abonnés (moyennant une adhésion de 50 euros par an)
de s'investir dans la vie sportive, économique et sociale du modeste club amateur de Sénart-Moissy.
Avec quels autres services 2.0 les sites peuvent-ils espérer capter, et élargir, leur communauté? Sans doute ceux inspirés des réseaux sociaux, comme semble le faire L’Express. La stratégie est la même aux Etats-Unis. Après avoir lorgné sur le succès du réseau professionnel LinkedIn (15 millions de visiteurs uniques par mois), le
Wall Street Journal s’apprête à lancer un service similaire pour concurrencer LinkedIn sur son terrain. Mais les sites devront garder à l’esprit leur cœur de métier. Une étude publiée en août par BurstMedia révèle que sur le Net,
les internautes surfent principalement sur des sites d’information.
Sandrine Cochard