INTERVIEW - La directrice de la téléréalité sur TF1 est confiante pour l'avenir de ce genre qu'elle ne voit pas disparaître de sitôt...
La téléréalité n’est pas morte, proclame TF1. Alors que la chaîne britannique Channel 4 a
décidé d’arrêter Big Brother, l’émission emblématique de ce concept né en 1999, la chaîne française va continuer à développer de nouvelles émissions, assure sa directrice de la téléréalité, Angela Lorente. Interview.
Big Brother s’arrête l’année prochaine. Est-ce la fin d’une ère?
Pas du tout car l’émission se poursuit dans les autres pays. La téléréalité est un genre qui a beaucoup évolué. C’est désormais un genre à part entière qui a fait des petits. Je ne comprends pas ce débat qui perdure en France sur la fin de la téléréalité. On ne dit pas que le rap est fini parce qu’un rappeur de la première heure a décidé de raccrocher.
En quoi la téléréalité a-t-elle évolué?
Elle a explosé et bouleversé le petit écran. La téléréalité est pour la télévision ce que le dadaïsme était à la peinture, ce que le punk était à la musique: une nouvelle écriture et une remise en cause des codes. C’est un concept très créatif qui a influencé tous les genres télévisuels.
Comment?
Mettre un anonyme en avant, c’est une chose qui ne se faisait pas à la télévision avant. Or aujourd’hui, les magazines d’information ou de divertissement utilisent les codes de la téléréalité. Cette façon de donner de plus en plus de place aux anonymes, au casting, et de filmer leurs expériences pour la faire partager au public est issue de la téléréalité.
Pensez-vous que ce genre vieillisse bien?
Il y a des bonnes et des mauvaises émissions, comme il y a des bons et des mauvais chanteurs. C’est aux téléspectateurs d’en juger. Mais le concept va durer. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles émissions. D’ailleurs, les producteurs français sont de plus en plus nombreux à présenter leurs propres créations de téléréalité alors que traditionnellement, les chaînes adaptent un format étranger qui a fait ses preuves. La téléréalité est entrée dans les mœurs.
Jade Goody a poussé le concept à son paroxysme en mettant en scène sa fin de vie. A-t-elle atteint les limites de la téléréalité?
Cela n’a rien à voir. Cette jeune femme a, tout comme l’actrice Farrah Fawcett, filmé son combat contre son cancer. Pour moi, ça relève du documentaire et non de la téléréalité.
Propos recueillis par Sandrine Cochard