Capture d'écran du site Arte Live Web
Capture d'écran du site Arte Live Web - DR

Arte prend le train de la révolution numérique. Consciente du bouleversement généré par Internet, la chaîne franco-allemande propose aujourd’hui une stratégie web axée sur différents fronts. Explications.
 
Spectacles, live, VOD…
 
Citant les manifestations en Iran, abondamment relayées sur Twitter, comme le parfait exemple de l’avènement d’Internet, le président d’Arte Gottfried Langenstein a réaffirmé mardi lors de la conférence de rentrée de la chaîne son engagement dans le développement numérique.
 
Arte a ainsi lancé le 28 mai dernier le site Arte live web http://liveweb.arte.tv/, site qui propose des rediffusions d’évènements musicaux. «Arte live web est devenu comme une deuxième chaîne proposant un lieu d’accueil pour les arts de la scène», a souligné Jérôme Clément, le patron d’Arte France. Et le concept semble séduire. «Sur Arte live web, nous avons entre 100.000 et 110.000 visiteurs par mois et 15.000 visionnage de programmes par jour. Depuis son lancement, le site a enregistré 650.000 visites cumulées et devrait grimper à 1 million en septembre, explique Joël Ronez, responsable du pôle web chez Arte. Quant à arte.tv, il a recueilli 3 millions de pages vues en juillet. C’est une progression importante par rapport à l’an passé, de l’ordre de 30% à 40%.»
 
Arte live web va donc poursuivre son développement, en intégrant d’autres captures d’évènements musicaux comme le festival Rock en Seine, le concert d’Arthur H, ou encore la retransmission en direct — et en simultané sur l’antenne d’Arte — de l’opéra de Verdi «La Bohème» qui sera mis en scène dans un HLM de Berne, le 29 septembre prochain. Il complète l’offre web d’Arte qui compte 4 sites: le site «historique» de la chaîne arte.tv, le site arte+7 qui propose aux internautes des séances de rattrapage des programmes diffusés sur la chaîne (1,7 million de vidéo visionnées en juin dernier, ndlr), Arte VOD sur lequel les internautes peuvent acheter ou louer des films et enfin Arte radio, dédié aux reportages et aux créations sonores.
 
6 à 10 web-documentaires par an
 
Plus globalement, la vidéo reste au cœur du web sur Arte. A partir du 15 septembre prochain, la plateforme d’Arte VOD sera entièrement repensée pour la rendre plus facile d’utilisation. Puis la stratégie de la chaîne sur le Net devrait s’intensifier en 2010. Fort du succès du web-documentaire «Gaza/Sderot», la chaîne ambitionne de produire 6 à 10 nouveaux web-documentaires chaque année à compter de l’an prochain. Les deux premiers proposés sur arte.tv seront «Prison Valley», un reportage au cœur d’un pénitencier du Colorado, et «Cuba/Miami», qui suivra la vie d’habitants des deux villes en parallèle, sur le même modèle que «Gaza/Sderot».
 
Arte.tv mise encore sur les webséries. Après le «Twenty Show», ces expérimentations interactives – qui placent l’internaute au cœur du dispositif – s’intéresseront au climat et aux rêves d’enfants.  «On a toujours eu une politique volontariste d’investissements de contenus sur Internet, soutient Joël Ronez. Cette capacité à oser investir sur le Net se traduit également avec les sujets traités, l’interactivité avec le public et la recherche d’autres formats et de jeunes talents. On ose plus que les médias traditionnels.» Tout ça avec un budget annuel 2009 de production de contenus (sur arte.tv, Arte live web et arte VOD) de 1,27 million d’euros, auquel il faut ajouter 150.000 euros pour Arte radio.
 
Pour promouvoir ses sites, Arte joue également dans la cour des internautes. La chaîne a ainsi embauché une personne pour occuper le terrain sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Car sur le Net, l’internaute a ses habitudes et il faut s’y plier, selon Joël Ronez. «L’idée est de capter un public et d’animer une communauté en ayant conscience qu’elle consulte différemment les contenus proposés suivant qu’elle se trouve devant un ordinateur ou devant sa télévision.»

 

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