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Lefigaro.fr se tourne vers le modèle payant. Le site a déclaré mardi à 20minutes.fr qu’il réfléchissait depuis plusieurs mois à l’intégration d’un espace payant, confirmant une information de Press News. «Cela prendra la forme d’une zone premium. Nous réfléchissons encore à la formule qui sera présentée, soit un abonnement soit une consultation des articles à la carte», a expliqué Luc de Barochez, le directeur de la rédaction du site. Des pistes déjà explorées par Mediapart (abonnement), lemonde.fr et lesechos.fr (à la carte).
 
Pub insuffisante
 
«Quant aux contenus proposés dans cette zone, il est encore trop tôt pour se prononcer.» Selon Press News, «il ne s’agit pas de faire payer les internautes pour des contenus actuellement accessibles gratuitement mais d’en proposer de nouveaux, qui eux seront payants». Pourquoi un tel changement alors que lefigaro.fr est en tête des sites d’actualités français, avec 6,6 millions de visiteurs uniques enregistrés en juin dernier? «Nous constatons que la publicité ne suffit pas pour faire bien vivre un site, souligne Luc de Barochez. Le site ne perd pas d’argent mais les recettes publicitaires ne permettent pas d’assurer son développement.»
 
Lefigaro.fr n’est pas le seul à se tourner vers le payant. Lexpress.fr réfléchit également à la mise en place d’une offre partiellement payante, qui concernerait ses archives, ses dossiers ou ses exclusivités, pour palier la baisse des recettes publicitaires. Le problème est connu. En mars dernier, Frédéric Filloux, éditeur de la Monday Note et consultant pour le groupe norvégien Schibstedt (actionnaire de 20 Minutes France), annonçait déjà un retour au payant. «A de rares exceptions près, les sites d'information ont du mal à trouver leur équilibre et les marges, quand elles existent, sont réduites, écrivait-il alors sur le site pure player Slate.fr. Leur principale ressource, la publicité, est un secteur ultra-sensible à la conjoncture avec, donc, de sombres perspectives.»
 
Modèle à réinventer
 
La crise globale de la pub n’explique pas tout. Pour le journaliste Xavier Ternisien, le web ne tiendrait pas toutes ses promesses. «Pour un journal, la publicité drainée par le Web ne représente que 10 à 20 % du chiffre d'affaires de la publicité sur le papier, écrivait-il dans «Le Monde». Autrement dit, quinze ans après l'apparition d'Internet, le moment où un site sera capable de financer une rédaction comparable à celle d'un journal papier reste encore très lointain.»
 
Les sites n’ont d’autres solutions que de réinventer le modèle – gratuit, payant ou mixte – du site d’actualité afin de ne pas compter sur les seuls deniers de la publicité. Les pure player, au modèle souvent mixte, tâtonnent depuis plusieurs mois déjà, voire plusieurs années pour les plus anciens. Sans parvenir à trouver le point d’équilibre. Créé en mai 2007, Rue89 a opté pour la publicité et les services (développement de sites, formation de journalistes à Internet). Mais l’argent manque et Rue89 n’hésite pas à solliciter ses internautes. «Le site, qui a levé 1,1 million d'euros en juin 2008, a décidé de faire appel à ses lecteurs en leur proposant d'acheter les briques d'un «mur» virtuel pour un prix variant de 15 à 349 euros, note «Les Echos» datés de mardi. Un nouvel appel de fonds pourrait toutefois être nécessaire.» Même impératif pour le site Bakchich.info, souligne «Les Echos». Gratuit, payant ou mixte, le modèle miracle n’a pas encore été trouvé. D'autant que selon une étude européenne publiée mardi, les internautes sont peu enclins à payer pour les services qui y sont offerts.
 

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