«Alors qu'ils passaient encore pour des gadgets il y a deux ans, les web-docus explosent.» Même si, souligne Pierre Block de Friberg, responsable des documentaires de France 5, «de l'écriture au mode de financement, on n’en est qu'aux prémisses». La chaîne prépare justement «Portraits d'un nouveau monde», un web-docu sur l'environnement.
Le web-docu dont vous êtes le héros
De son côté, Canal+ propose actuellement les coulisses de la série «Braquo» et planche sur «Le challenge», un web-docu dont vous êtes le héros. Ces deux œuvres sont reliées à des programmes de la chaîne mais, insiste Arnaud Dressen, qui produit «Le challenge», «le doc est fait pour fonctionner seul, c'est indispensable». Et désormais bien assimilé par les auteurs.
Guillaume Blanchot, directeur des nouveaux médias du Centre national de la cinématographie, a vu une grande évolution dans les projets envoyés pour subventions. «On ne reçoit plus comme au début des web-docu conçus comme des compléments, un peu comme des bonus de DVD».
De l'interactivité dans le documentaire
Une évolution qu'Alexandre Brachet, d'Upian, a effectuée avec ses propres productions. «En 2002, avec “La Cité des mortes”, on essayait d'utiliser les contenus différents, vidéos, photos, cartographie. Puis dans “Thanatorama”, on a vraiment introduit l'interactivité, puisque l'internaute en est le héros… mort! Enfin, avec “Gaza/Sderot”, on a intégré graphisme et technologies à l'histoire, puisqu'il s'agissait de décrire les vies parallèles dans ces deux villes, avec par exemple une frontière entre deux écrans sur le site».
Upian développe actuellement «Canon City», un web-docu sur les prisons américaines «où, nouveau pas, on va insérer des contenus envoyés par les internautes, car je pense que le web-documentaire doit être une œuvre collective». Et, donc, en progrès.
«Arte est très en avance», estime son président, Jérôme Clément. Pas faux. La chaîne a notamment connu un grand succès avec «Gaza/Sderot». Elle prépare pour l'automne «Cuba/Miami», série sur le même concept qui comparera la vie des jeunes Cubains à celle des jeunes de Miami.