Emeutes à Téhéran, en Iran, entre les partisans d'Hossein Moussavi et les forces de l'ordre le 13 juin 2009.
Emeutes à Téhéran, en Iran, entre les partisans d'Hossein Moussavi et les forces de l'ordre le 13 juin 2009. - Stringer Iran / Reuters
Mise à jour (mardi, 4 heures du matin) -  Twitter annonce avoir repoussé une opération de maintenance «critique», qui nécessite une interruption de service de 90 minutes. La raison? Twitter «joue un rôle important» pour la communication des manifestants. L'opération, qui devait avoir lieu dans la nuit de lundi à mardi aux Etats-Unis (coupant le service en pleine journée en Iran) aura lieu mardi, à 1h30 du matin ,heure de Téhéran.


Alors que Mahmoud Ahmadinejad a coupé le circuit de l’info en Iran, un nouveau match se joue entre Twitter et les médias. On le sait, le site de micro-blogging est toujours présent, et très réactif, sur l’actualité, prenant parfois les journalistes de court. Avec les manifestations iraniennes, Twitter prend une nouvelle envergure, devenant une source dont les médias, muselés par le pouvoir iranien, ne peuvent se passer. Explications.
 
Médias surveillés
 
Sites Internet filtrés par l’Etat iranien, satellites de la BBC brouillés, journaux iraniens suspendus, journalistes étrangers menacés d’expulsion… La liste des entraves à la liberté de la presse est longue. Au point de poser la question qui fâche: pour se tenir informé de la situation en Iran, faut-il se passer des médias?
 
D’autant que le désamour d'une partie des internautes est antérieur au verrouillage organisé de la presse par le pouvoir iranien. Dès vendredi soir, les agences de presse rapportent que chaque partie – d’un côté le président sortant Ahmadinejad, de l’autre l’outsider Mir Hossein Moussavi – revendique la victoire du scrutin présidentiel dès le premier tour. Le lendemain, les internautes épinglent la chaîne CNN, accusée de ne couvrir qu’a minima les manifestations en Iran en refusant de recourir à son traditionnel système de «breaking news».
 
Media watchdog

 
Le site Read Write Web implore même le puissant média de chercher des infos du côté de Twitter où les témoignages de personnes apparemment sur place et les commentaires d’internautes du monde entier défilent en un torrent continu. Avec toujours le même bémol: ces infos, qui défilent à toute vitesse, sont publiées sans vérification journalistique, donc sujettes à caution.
 
Le site Flash Politique, basé en France, fait partie de ces personnes qui «twittent» l’info sur l’Iran. Derrières les manettes, un étudiant, Romain Delacroix, et un lycéen Hugo Roussel. Contactés par 20Minutes.fr, ils reviennent sur leurs méthodes de travail: «On n’a personne sur le terrain. Mais on a constaté que Twitter était en de plus en plus utilisé, car cela permet de s’informer vite, surtout que les communications sont coupées là-bas. Donc on s’en sert pour suivre ce qu’il se passe.»
 
Leur compte Twitter, très actif sur l’actualité iranienne répercute donc des informations glanées ça est là. Evidemment, la vérification de l’information est très difficile. «On se sert déjà de la géolocalisation sur Twitter, pour être sûrs que les personnes postent bien depuis l’Iran. On a repéré des personnes qui twittent et dont les infos sont confirmées ensuite par les agences de presse, donc leurs informations sont a priori fiables. Et on échange des mails avec certains d’entre eux.»
 
Qu’importe. Pour le réseau social Mashable, le site de micro-blogging a franchi un cap. En plus de se poser en alternative aux journaux, Twitter agit désormais comme le «chien de garde des médias» («media watchdog» en VO), estime-t-il. Un rôle déjà joué par nombre de sites internets.
 

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