«C'est vrai qu'on n'est pas discrets avec nos affiches partout sur les bus, mais bon, c'est un événement !» Des affiches sur les bus? Anne Holmes, la directrice de la fiction de France 3, parle de la large campagne dont bénéficie «Un village français», feuilleton consacré à la vie des Français sous l'Occupation.
Un thème qui a déjà fait l'objet de nombreuses fictions. Pourquoi alors parler d'«événement»? «D'abord, explique l'auteur, Frédéric Krivine, parce qu'avec douze épisodes consacrés à chaque année de l'Occupation, on a la possibilité d'approfondir les personnages, et donc de ne pas retomber dans le travers de beaucoup de films sur le sujet. En gros, les fictions ont, jusqu'en 1970, présenté la France comme résistante, et depuis, elles dénoncent au contraire une France indifférente ou collabo.»
Une préoccupation particulière pour le service public, « à qui on reproche toujours de faire des films de guerre avec les méchants contre les bons, confirme Anne Holmes. Là, on a une vision différente. Ce n'est pas "une série de plus" sur 39-45.»
Autre spécificité, «on n'a pas fait un film d'antiquaires, décrypte le réalisateur, Philippe Triboit. Ce ne sont pas les faits qui nous intéressent, mais les représentations qu'en avaient les gens.» Du coup, aux oubliettes l'appel du 18 juin. «Parce que contrairement à la légende, note Anne Holmes, la plupart des Français ne sont pas devenus résistants en écoutant Radio Londres ce jour-là. Presque personne ne l'a entendu!»
A voir: «Un village Français», ce jeudi soir à 20h45 sur France 3.