Assous-TF1, dernier round. Ou presque. Hier, la Cour de cassation
a estimé que participer à une émission de téléréalité constituait bien un travail. Confirmation, donc, de la décision de la cour d'appel de Paris de requalifier les contrats de trois participants à « L'île de la tentation » en contrats de travail. Et « une victoire qui couronne cinq années de poursuites », selon Jérémie Assous, leur avocat et celui de dizaines d'autres candidats. « Un bouleversement pour la production audiovisuelle, déplore Edouard Boccon-Gibod, président de TF1 Production (propriétaire de Glem, ex-producteur de « L'île »). Petite consolation pour la chaîne, la cour n'a pas reconnu l'accusation de travail dissimulé.
Au-delà de la Une, « cette décision est lourde de conséquences pour l'ensemble des chaînes », estime Me Assous. Edouard Boccon-Gibod pense même que, finalement, TF1 Production ne sera pas la plus touchée. « La téléréalité n'est pas le coeur de notre métier, aux autres producteurs de s'adapter... » « Nous l'avons toujours fait, et nous continuerons à modifier nos contrats dans le sens de la décision de la cour, rétorque Virginie Calmels, PDG d'Endemol France. Y compris pour "Secret Story 3" qui arrive à l'écran. » Et toutes les autres émissions. « Beaucoup, comme "La carte au trésor", sont visées », explique Boccon-Gibod. Il souhaiterait que les pouvoirs publics « créent un statut de participant ». « C'est clair, note Philippe Bailly, directeur de NPA Conseil, que si les candidats deviennent des salariés, cela tue le principe de départ de ces émissions et le public ne va pas s'y retrouver. » Bref, il risque d'être compliqué, pour citer Boccon-Gibod, de « faire rentrer le pied du droit du travail dans la chaussure de la téléréalité ». W