« Merlin » a trouvé la formule magique

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Publié le 3 juin 2009.

« Maman, tu as vu la princesse ? C'est une vraie ? » Aucun risque

que les enfants s'ennuient pendant la visite du château de Pierrefonds. Même si les princesses et chevaliers qui hantent actuellement les lieux ne sont pas des « vrais », mais les acteurs de la seconde saison de « Merlin ». Cette série britannique, inspirée par la légende du roi Arthur, a réuni 6 millions de fidèles pour sa première saison sur BBC 1. Elle a été achetée par 120 pays, dont la France (chaque samedi, à 20 h 45, sur Canal+ Family).

Et les enfants ne sont pas les seuls fans. « Les médiévistes américains s'arrachent les extraits sur YouTube », explique Anne Berthelot, fondatrice de la Société internationale des amis de Merlin. La série efface même de terribles querelles : « Mes collègues merliniens l'attendent autant que les arthuriens », poursuit cette prof de l'université du Connecticut. Patience, « Merlin » arrive le 21 juin aux Etats-Unis, sur NBC.

« Je ne m'attendais pas à un tel succès », explique l'actrice Angel Coulby, alias Guenièvre. « Cela marche parce que tout le monde connaît la légende arthurienne », estime Katie McGrath, Morgane à l'écran. Ou que les producteurs ont vu juste en optant pour le Moyen Age. « Cette période a un succès fou, estime Philippe Walter, auteur de Merlin ou le Savoir du monde (Ed. Imago). La fantasy est un antidote à la crise. » Bradley James, alias Arthur, confirme : « C'est programmé en fin de semaine car ça répond au besoin de "saturday night escapism" [en traduction libre, l'exutoire du samedi soir]. » Du moins, le Merlin tel qu'il a été adapté. « Certes, quand il prononce ses sentences magiques, mon personnage use de l'ancien anglais, explique Colin Morgan, qui incarne le héros. Mais le show prend beaucoup de liberté. Je joue un petit jeune homme un peu maladroit et je n'ai rien du sage de la légende. » Pratique car « il existe très peu d'oeuvres sur la jeunesse de Merlin, explique Philippe Walter. Cela permet une créativité totale. » Ceci dit, les producteurs du XXIe siècle ne sont pas les seuls à s'autoriser quelques entorses à l'histoire. « Déjà vers 1400, rappelle Anne Berthelot, un auteur allemand avait écrit l'histoire de Merlin, en faisant de lui le grand-père d'Arthur. » Magique. W

Alice Coffin
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