Ce mercredi, c'est Bernie, et plutôt deux fois qu'une. Dans le magazine « Droit d'inventaire », ce soir sur France 3, il y aura Bernadette Chirac en reportage et Bernadette Chirac en plateau, interrogée par Marie Drucker. Précédemment, il y a eu Bernadette à la une de VSD, le 21 janvier, suivie de son mari, quelques semaines plus tard. Tandis que Paris Match sortait, mi-avril, un sondage Ifop indiquant que Chirac était la personnalité politique la plus populaire. Parti de l'Elysée depuis 2007, le couple garde les faveurs des médias et du public. Stéphane Lepoittevin, rédacteur en chef adjoint chargé de l'actualité à VSD, témoigne : « Avec la une sur Bernadette, on a fait 20 000 exemplaires de plus que d'habitude ! » Les raisons ? Déjà, le duo Bernadette-Jacques est hautement consensuel. Non seulement parce qu'ils ne sont plus aux affaires, ce qui les rend automatiquement moins sujets aux critiques, mais aussi parce que « Chirac a toujours été beaucoup moins clivant que Sarkozy, détesté par la gauche », détaille Bertrand Delais, documentariste et chroniqueur. Quant à Bernadette, « avec le temps, elle a su prendre son image en main, notamment avec ses activités caritatives, rappelle Florence Troquereau, auteur du reportage dans "Droit d'inventaire". Les enfants malades ou les personnes âgées sont des causes qui touchent facilement les gens, parce qu'elles sont proches de leur quotidien. » Alors que le sida en Afrique, combattu par Carla Bruni-Sarkozy, peut apparaître à certains comme un fléau lointain.
« Le couple Chirac fonctionne un peu en opposition à l'actuel couple présidentiel, souligne Stéphane Lepoittevin. A tort ou à raison, les Chirac sont vécus comme plus proches des couches populaires que les Sarkozy. Et en période de crise forte, la nostalgie joue. Ce sont un peu les grands-parents rassurants vers qui on se tourne quand on n'est plus satisfaits des parents, les Sarkozy. » Même analyse pour Bertrand Delais : « Nicolas Sarkozy avait nourri pas mal d'espérances. La désillusion due au contexte économique nourrit l'idée que "c'était mieux avant". » W
Anne Kerloc'h