Jean-Luc Hees est passé devant le CSA

MEDIAS Le journaliste, qui officie sur Radio Classique actuellement, doit convaincre pour obtenir la tête de Radio France, dès le 11 mai prochain, date de fin de mandat de Jean-Paul Cluzel...

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Jean-Luc Hees pendant son audition au CSA le 7 avril 2009

Jean-Luc Hees pendant son audition au CSA le 7 avril 2009 — DR

C’était le jour du grand oral de Jean-Luc Hees, proposé par l’Elysée pour prendre la direction de Radio France. Il est passé ce mardi de 15h à 16h45 devant les neuf sages du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) pour défendre sa vision de la Maison de la radio. Une audition ouverte à la presse — une «première», dit Michel Boyon, le président du CSA — et diffusée en direct sur ce site Web — «un souci de transparence», reprend Boyon.

«Je suis très honoré, très impressionné aussi», commence Jean-Luc Hees, assis face au jury qui sera chargé de donner un avis à l’exécutif à l’issue de cette audition. «Si on dit non, c’est bloqué», rappelle le CSA.

Profil

«L'exécutif a voulu qu'un journaliste soit désigné, il se trouve que je suis journaliste depuis bientôt 40 ans», dit Hees, qui voit le journalisme comme «une belle et coupable activité». Se définissant comme un homme de radio, il confie que la passion pour ce média ne l'a jamais quitté. Or Radio France, selon lui, est «le plus bel endroit où l'on peut exercer ses talents» et «la plus grosse maison de la culture du monde» avec toutes ces antennes (France Culture, France Info, France Inter, France Bleu, France Musique, FIP, Le Mouv').

«Il ne suffit pas de dire service public comme un lieu commun, ajoute-t-il; c'est un principe auquel je suis très attaché en tant que journaliste et en tant que citoyen. Radio France n'appartient ni au président de la République ni au PDG de cette entreprise.»

Humour

Après avoir confié qu'il avait «du mal à parler de France Inter (Hees en a été le directeur de 1997 à 2004 avant de quitter cette fonction à l'arrivée de Jean-Paul Cluzel), Jean-Luc Hees glisse qu'il trouve que le mot impertinence «n'est pas le meilleur slogan» pour cette radio.

On arrive au chapitre Stéphane Guillon, l'humoriste qui fait une chronique lors de la matinale de France Inter, et dont les propos sur DSK et Martine Aubry ont créé la polémique. «J'ai recruté Stéphane Guillon il y a une dizaine d'années. Il se définit lui-même comme un sale gosse, explique Hees. Mais il y a deux bornes à ne pas franchir: la diffamation et l'insulte.» Et de résumer: «Je ne recherche pas l'impertinence mais l'humour».

Personnel

Alors que le CSA interroge Hees sur ses velléités de passer lui-même à l'antenne, ou de tenir une émission, celui-ci répond que non, il sait calmer ses ardeurs. Tout en ajoutant: «Peut-on envisager deux exceptions si je peux interviewer Bruce Springsteen ou Barack Obama?» Une demande qui semble faire couic auprès des sages.

Philippe Val

Le patron de Charlie Hebdo, dont la presse a dit qu'il était pressenti pour diriger France Inter, a été cité au cours de l'audition. Le CSA trouve prématuré ces rumeurs survenues alors même que Jean-Luc Hees n'était pas encore passé devant le Conseil. «Je n'ai fait aucune déclaration à la presse, je suis resté discret», se défend Hees qui trouve aussi le procédé dérangeant, même si Val est son ami. Il appelle à la «dignité» et au respect des gens, lui qui «est parti de France Inter dans des conditions douloureuses». A propos de Frédéric Schlessinger, l'actuel patron de France Inter, Hees a annoncé: «On verra comment on s'entend».

Convention collective

Au moment où Hees défend sa vision de Radio France, les antennes sont muettes, les personnels étant en grève pour demander le maintien de la convention collective de l'audiovisuel public et le retrait du plan social qui touche Radio France Internationale (RFI). A ce propos, Hees déclare: «Je comprends les inquiétudes des personnels, mais je comprends aussi la cohérence qu'il y a de revoir cette convention collective, inchangée depuis 25 ans».

Numérique

«Le Web est le média le plus complémentaire de la radio, alors l'avenir est à nous!, assure Hees. Je sens que c'est ça l'urgence, car cela fait bien longtemps que je n'ai pas vu un jeune branché sur un transistor pendant deux heures dans sa chambre.»

Sur la radio numérique, Hees s'est montré plus prudent: «Cette radio va demander du temps, c'est encore lointain comme affaire».

Fin de l'audition: Le CSA fera connaître son avis mercredi dans la matinée.

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