Ils sont huit. Huit à avoir réussi le casting, et à postuler pour succéder à Guy de Maupassant, au titre de grand-écrivain-chouchou-des-téléspectateurs. Après le succès des deux saisons d'adaptations de « Chez Maupassant », France 2 écrit une nouvelle page ce soir avec « Contes et nouvelles du XIXe siècle ». Labiche ouvre le bal, et sera suivi d'Hugo, Balzac, Zola, Daudet, Courteline, Gaboriau et Barbey d'Aurevilly.
Mais pourquoi eux ? Car tous les écrivains ne sont pas télé-compatibles... « Ceux du XIXe, si, affirme Gérard Jourd'hui, le producteur. Ce sont des raconteurs d'histoires, et les journalistes de leur époque. » Rares sont ceux qui n'ont pas été adaptés. Les chercheurs Sabine Chalvon-Demarsay et Jean-Marc Doniak ont dressé une liste méticuleuse des adaptations télévisées d'oeuvres littéraires. Et, parmi les huit lauréats du casting, Labiche a été adapté 74 fois, Balzac 46, Courteline 45. « C'est sûr que c'est plus simple que Beckett », note Gérard Jourd'hui. Ou que les écrivains de l'Antiquité. Seuls cinq d'entre eux ont eu droit aux caméras, alors qu'ils sont 250 pour le XIXe. « Mais tous ne satisfont pas aux lois cathodiques, nuance Laurent Jullier auteur de Stendhal, un désir de cinéma. Ce n'est pas un hasard si Flaubert ou Stendhal n'ont pas été retenus. Le premier multiplie les commentaires difficiles à rendre à l'écran, le second n'adopte pas de schémas narratifs assez riches pour bâtir un scénario. » Contrairement à Balzac ou Zola qui « ont un oeil-caméra ». Pas de quoi néanmoins inquiéter Maupassant. « Son écriture est la plus visuelle, la plus cinématographique », note la scénariste Anna Andréi, qui a travaillé pour l'ancienne et la nouvelle collection. L'auteur de Bel-Ami reste le meilleur copain des réalisateurs. ■