JUSTICE - Il était poursuivi pour «incitation à la haine raciale» après avoir ironisé dans «Charlie Hebdo» sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy...
La satire n’est pas un délit. Mardi, le tribunal correctionnel de Lyon a relaxé le dessinateur Siné,
poursuivi pour «incitation à la haine raciale» après avoir ironisé dans «Charlie Hebdo» sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy. «Le tribunal considère que (Siné) s'est autorisé à railler sur le mode satirique l'opportunisme et l'arrivisme d'un homme jeune, engagé sur la scène politique et médiatique, a déclaré le président du tribunal, Fernand Schir, au rendu du délibéré. La cour n’a donc pas retenu la charge d’antisémitisme dont l’accusait la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).
Dès le début du procès, le 27 janvier, le dessinateur s'était défendu d'être antisémite en expliquant qu'il critiquait «l'arrivisme» du fils du président de la République. La citation de la Licra visait également une autre de ses chroniques, publiée le 11 juin, critiquant crûment des pratiquants chrétiens et juifs, mais aussi les femmes musulmanes voilées. «La lecture de ces chroniques, on ne peut pas la faire en faisant abstraction de l'hebdomadaire dans lequel elles ont été publiées. "Charlie Hebdo" est un journal satirique, on est sur le terrain de la provocation», avait déclaré le 28 janvier le procureur Bernard Reynaud dans son réquisitoire, à l'issue duquel
il avait demandé la relaxe.
Ancienne figure du journal satirique «Charlie Hebdo», Maurice Sinet, alias Siné, 80 ans, présent au jugement, s'est dit «soulagé», répétant qu'il ne s'était jamais senti coupable.
Avec agence