« Le 21 septembre 2001, à 10 h 17, on a entendu l'explosion dans le studio, raconte Christine Bouillot, journaliste à Sud Radio. Dans les heures qui ont suivi, les communications étaient coupées, alors l'antenne a servi de relais aux Toulousains. » Le 21 septembre 2001, l'explosion de l'usine AZF provoquait la mort de trente personnes. Huit ans après, commence, lundi prochain, le procès.
Très médiatisé, il sera particulièrement suivi par les rédactions locales. D'abord, donc, parce qu'elles ont vécu personnellement l'explosion. « Nos locaux, confirme Fabrice Valéry, rédacteur en chef de France 3 Sud, situés à 1,5 km du site, ont été très frappés. Notre mobilisation a été intense dans la journée du 21. Depuis, on parle tout le temps d'AZF. » Et plus que jamais cette semaine. Ce soir, la chaîne consacre à 22 h 45 une émission spéciale, en direct. Elle a aussi ouvert un site « pour donner aux gens la possibilité de témoigner et d'envoyer des photos ». Un rôle de « télé miroir », dixit Priscille Lacombe, directrice de la rédaction de Toulouse Télévision (TLT) « parfaitement assumé » : « C'est un événement majeur pour les Toulousains, au-delà des problématiques nationales induites par l'événement. » « Couvrir au maximum ces audiences est une question d'image et de crédibilité, explique Yann Bouffin, le rédacteur en chef de La Dépêche du Midi, qui a aussi ouvert un blog sur le sujet. La majorité des habitants pense que le procès ne va servir à rien ; ils sont très méfiants envers la justice et les médias. » Une méfiance dont La Dépêche avait fait les frais, en titrant « C'était une usine poubelle », deux jours après le drame. « On a évolué, on s'est repositionnés vers un traitement purement journalistique », assure Bouffin. « Les salariés de l'usine restent défiants envers les médias, assure Elodie Béatrix, de Toulouse FM, spécialement recrutée pour couvrir le procès. Même si les journalistes locaux ont davantage de facilités, parce qu'ils ont assuré un suivi depuis 2001. » Une réalité qui a poussé France Info à s'installer dans les locaux de La Dépêche, lundi. Parmi les rendez-vous qui jalonneront la journée, la radio s'interrogera notamment sur le thème : « AZF est-il toujours dans l'esprit des Toulousains ? » « Evidemment, explique le directeur, Patrick Roger, là-bas, c'est une question qui ne se pose pas... » ■