De la mer, on ne verra que quelques plans de vagues, de poissons saturant le sable d'un port sénégalais. Comme le dit le commentaire du reportage « Les enfants perdus de M'Bour », vendredi dans « Thalassa » sur France 3 à 20 h 35. « Ce n'est pas cela qui a retenu mon attention (...), mais les enfants », explique l'auteur. Les « talibés ». Placés par leur famille, qui ne peut les nourrir, dans des écoles tenues par des marabouts, ils sont forcés de mendier, maltraités. « On peut se demander pourquoi ce reportage est diffusé dans "Thalassa", note Georges Pernoud, responsable de l'émission. Il est exceptionnel. Et son auteur est Daniel Grandclément, une de nos grandes signatures. » A l'origine, ce dernier part au Sénégal pour un tout autre sujet, « mais à M'Bour, j'ai été frappé par ces troupes d'enfants malheureux, mendiants. Ce n'était pas des gosses isolés, c'était des dizaines. J'ai voulu savoir. Si cela a pu passer dans "Thalassa", c'est que Pernoud déteste la routine, et apprécie aussi un ton différent. » Pour ce dernier, « quand nous débarquons dans un port, on n'y va pas avec des oeillères. Le sujet était fort, on ne va pas le refuser au prétexte que ce n'est pas assez maritime ! » Il reprend : « Un jour, un chercheur de Normale sup m'a dit qu'il y avait une erreur dans le sous-titre de "Thalassa". Que cela n'était pas le magazine de la mer, mais le magazine des hommes et de la mer. Ce reportage-là, c'est la part des hommes. » ■A. K.