Une Française à l'école anglaise. Maître incontesté de l'investigation géopolitique, le producteur Brian Lapping a confié une partie de sa série documentaire « L'Iran et l'Occident » à la réalisatrice Delphine Jaudeau. « Son aide nous a été précieuse, explique-t-il. D'abord, parce que le documentaire parle beaucoup de la France. » Dans cette exploration de trente années d'affrontements figure, en effet, l'épisode des otages français du Liban. C'est Delphine Jaudeau qui a interviewé les diplomates du Quai d'Orsay, « plus faciles à approcher quand on vient de la part de Lapping, même s'ils sont bien moins directs que les Américains », souligne-t-elle.
Autre French atout, « les Britanniques ont, encore maintenant, à cause de leur ancienne domination impérialiste dans la région, une réputation exécrable en Iran, affirme Lapping. Les Français sont mieux vus. » La réalisatrice a ainsi eu plus de facilités à obtenir des visas que les membres anglo-saxons de l'équipe. Mais les derniers mois de tournage, même la nationalité française n'y suffisait pas. Et l'équipe de Lapping a dû solliciter des journalistes iraniens.
Delphine Jaudeau aurait-elle pu travailler ainsi pour une production française ? « On me fait l'honneur de me citer en modèle, note Lapping. J'ai juste la chance de bosser pour la BBC, une chaîne dont la langue est parlée internationalement. Et qui se porte, il est vrai, mieux que le service public français. » Bravo pour la modestie, mais, souligne Delphine Jaudeau, « le vrai plus de la démarche, c'est cette parfaite objectivité dans le récit des événements, là où les Français ont toujours un petit penchant pour l'analyse ». ■