Ce soir, dans « Pièces à conviction », Jean-Louis Borloo va « sortir de son rôle de ministre et réagir comme un citoyen outragé », témoigne Lionel de Coninck, rédacteur en chef de l'émission. Invité à commenter le reportage « Uranium : le scandale de la France contaminée »*, le ministre de l'Ecologie se serait engagé à « demander des comptes à Areva ».
C'est l'attitude du groupe nucléaire, mais aussi celle des pouvoirs publics, que dénonce cet ensemble de trois enquêtes approfondies. Des scientifiques de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), des citoyens, des députés ou encore Corinne Lepage, ex-ministre de l'Environnement, pointent avec vigueur la « désinvolture » dont seraient coupables Areva et les autorités face aux dangers causés par les déchets radioactifs issus des anciennes mines d'uranium. « Les Français sont pris pour des abrutis, souligne Lionel de Coninck. A force de ne pas vouloir les affoler, on les laisse dans l'ignorance. » Contacté par 20 Minutes, Yves Dufour, le porte-parole des activités minières d'Areva, estime, lui, que « si on pensait qu'une crise sanitaire menaçait, on traquerait le moindre caillou susceptible de faire du mal à nos concitoyens », et qu'il est « dommage de créer une psychose ». Difficile, malgré tout, de ne pas s'inquiéter devant cette enquête au dossier chargé. ■Alice Coffin
* A 20 h 35 sur France 3.