« Je ne pourrai pas retirer la pub si la loi n'est pas votée. Ou alors, il faudra que la ministre m'en donne clairement la consigne. » Patrick de Carolis a de l'intuition. Le 2 décembre, en conférence de presse pour présenter les grilles sans pub de France Télévisions, prévues pour le 5 janvier, le président se doutait bien qu'au mauvais gré de l'avancement des débats à l'Assemblée nationale, la loi sur la réforme de l'audiovisuel public mettrait du temps à être promulguée. Si la suppression de la publicité entre 20 h et 6 h a bien été adoptée, vendredi, le projet de loi doit encore être débattu au Sénat à partir du 7 janvier.
Face à l'urgence, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a donc expliqué, hier sur France Inter, que le gouvernement allait demander au président du groupe public d'acter cette décision. « Aujourd'hui, la peine infligée à France Télévisions est double, a estimé le SNJ des chaînes publiques dans un communiqué. Non seulement le but de la réforme voulue par l'Elysée n'est pas de sauver l'audiovisuel public, car le compte n'y est pas, mais, en plus, on demande à son PDG d'être "l'exécuteur des basses oeuvres". »
La direction de France Télévisons, réunie aujourd'hui pour un conseil d'administration consacré au budget 2009, pourrait soumettre cette décision au vote.
A. C.