Twitter, preums sur les attentats de Bombay

MEDIAS Jamais le site de micro-blogging aux 6 millions d'utilisateurs n'avait été à ce point émetteur d'informations sur une actualité aussi brûlante...

Alice Antheaume

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Twitter a gagné ses lettres de noblesse. Et c’est (cynisme aucun) grâce aux attentats de Bombay. Jamais le site de micro-blogging aux 6 millions d’utilisateurs n’avait été à ce point émetteur d’informations sur une actualité aussi brûlante. Via des messages de 140 caractères maximum (ce que, dans le jargon, on appelle les «tweets», gazouillis en VF) chaque micro détail des opérations a été distillé en ligne, par des internautes installés non loin des hôtels assiégés.

Et ce, aux yeux et à la barbe de toutes les télés et radios du monde. Même les agences de presse n’ont pu soutenir le rythme infernal de Twitter, fascinant de réactivité. Entre une info publiée dans un «tweet» et la dépêche relayant la même info signée AFP ou Reuters, il n’était pas rare de voir s’écouler 20 minutes, voire plus. Le temps pour les journalistes d’agence de vérifier ladite info et de la mettre en perspective.

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«Rien, à ma connaissance, ne va sur cette Terre plus vite que Twitter, commente ce journaliste du Figaro. Ni moi, ni les télés, ni les agences. Moi, je digère, je synthétise, je vérifie, je source, je linke, ça prend un peu de temps.»

Car ne nous y trompons pas: si les nouvelles y arrivent les unes derrière les autres, «Twitter, ce n’est pas encore là que l’on trouve des faits solides», modère le site Techcrunch.

Un média d’alertes


Aux Etats-Unis, Twitter avait déjà montré qu’il était imbattable sur les «breaking news», comme lors de la fusillade à l’université Virginia Tech ou les incendies de Californie en 2007. A tel point que la télévision CNN s’en sert maintenant pour faire réagir ses téléspectateurs en temps réel. Car la mission de Twitter est surtout d’alerter.

Sur Twitter, qui recense plus d’un milliard de «tweets» depuis sa création en mars 2006, les informations sur Bombay sont «tellement précises (...) que la police indienne a estimé que certains messages aidaient les terroristes présumés, rapporte cet article de Timesonline cité par le blog Mediawatch Afp.

Les attentats terroristes de New York en 2001, Madrid en 2004 puis Londres en 2005 ont déjà marqué les étapes de l’information en ligne, expliquaient Bruno Patino et Jean-François Fogel dans leur ouvrage «La Presse sans Gutenberg». En 2001, les serveurs des sites Web d’infos ne tenaient pas l’afflux des visiteurs; en 2004, plus de problème de connexion; et en 2005, un millier de photos sont envoyées par les internautes témoins, matériel de premier choix pour les médias qui couvrent les attentats de Londres. Ceux de Bombay en 2008 jalonnent-ils une nouvelle étape de l’information sur le Net?

Et vous, qu'en pensez-vous? Passez-vous par Twitter pour vous tenir informés?

 

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