Live-bloguer depuis l'Assemblée nationale: mission quasi impossible

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Publié le 26 novembre 2008.

INTERNET - Le Palais Bourbon n'est pas connecté...

Alors que les journalistes trépignaient d’impatience à l’idée de suivre les débats à l’occasion de la réforme de l’audiovisuel public, leurs velléités retombent sitôt entrés dans l’hémicycle. Et pour cause: il n’y a pas de réseau dans les tribunes. Sur l’écran des téléphones portables, zéro barre. Par conséquent, les cartes 3G, qui permettent de se connecter au Web depuis n’importe quel endroit couvert par les opérateurs téléphoniques, sont en rade aussi. Envolée, donc, l'idée de live-bloguer les échanges.
 
C’est normal, expliquent les habitués aux dépourvus. Sous la présidence de Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale de 2002 à 2007, les abords du Palais Bourbon ont été brouillés, afin que le réseau téléphonique soit inaccessible et que, pendant les séances de l’Assemblée, personne ne puisse appeler/être appelé/ envoyer ou recevoir des SMS sur son téléphone portable. C’est dire si l’on a peur que les députés soient distraits par les vibrations de leur mobile.
 
Dans la salle de presse, on annonce la présence d’un Wifi. Mais pas de chance, ce premier jour d’examen de la réforme de France Télévisions, «le réseau sans fil est indisponible». Reste un câble sur lequel est branché l’ordinateur du chef du service de presse qui, compatissant, le prête aux ordinateurs en famine.

A la chasse au réseau

Pour les journalistes, c’est un casse-tête. Comment rendre compte des discussions en temps réel, alors? Pour ne serait-ce que poser la question à quelqu’un au téléphone, il faut sortir de l’hémicycle, pointer son téléphone en l’air pour tâcher de capter deux barres de réseau et appeler sa rédaction en catastrophe pour les prévenir que l'on fera des articles après les débats, pas pendant.
 
Stoïques (ou résignés?), certains confrères n’attendent pas plus longtemps pour poser leurs ordinateurs sur les pupitres des tribunes, prévus pour accueillir une feuille et pas un processeur, et rédiger en cours de débat l’article qu’ils publieront en ligne... après, une fois sortis de l’hémicycle. Sauf qu’après deux heures de débats, la batterie tombe en rade. Une prise? Dans un coin, oui, mais pas dans les allées du Palais Bourbon. Les ordinateurs sont autorisés, à condition qu’ils fonctionnent sur batterie («en l'absence de branchement électrique dans les travées»), que le son soit coupé, que les écrans restent bien en face de leurs utilisateurs, et que les députés ne s’en servent pas «pour communiquer avec l'extérieur via Internet ou la messagerie, ni pendant les séances de questions au gouvernement», précisait une lettre envoyée aux députés en avril dernier.

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