REFORME DE L'AUDIOVISUEL - Une foule de salariés manifestaient ce mardi après-midi à quelques pas de l'Assemblée... Notre reportage
Une foule de salariés de l'audiovisuel public (4.000 selon les organisateurs, 2.000 selon la police) étaient à Paris, ce mardi après-midi, face à une barrière de gendarmes chaussés de cuissardes de protection et arborant des boucliers. Impossible pour eux d'approcher plus près de l'Assemblée nationale, là où est examiné ce même jour
le projet de réforme de l'audiovisuel public.
Alors, pour se faire entendre, drapeaux, banderoles et hygiaphones sont de sortie. «On veut rester indépendant», tonne la délégation de RFI, dont le patron pourrait être nommé par le pouvoir au prochain mandat. «Sarkozy veut nous mettre dehors», soupire un salarié de France2, qui voit arriver le plan de départs volontaires annoncé comme un plan de départs… involontaires. A France3, très représenté dans les rangs, on se dit «sonné» par l’annonce des députés UMP Jacques Myard et Lionnel Luca, qui se sont déclarés favorables à la suppression du journal télévisé de France3, dont ils se «foutent» puisqu’il fait «doublon» avec celui de France2. «Il y a un journal télévisé de trop. Il faut en supprimer un. France3 devrait garder le régional», a lancé Myard dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
Dehors, au cortège de salariés s’étaient associés
Martine Aubry et Benoît Hamon, échappés temporaires de la bataille du PS. D’autres personnalités socialistes comme Didier Mathus, chargé des questions audiovisuelles au Parti socialiste, n’ont pas hésité à prendre le micro dans les rangs des grévistes: «On va défendre près de 500 amendements. Nous allons utiliser tous les outils de la procédure parlementaire pour alerter l'opinion», a-t-il promis. Ce que les manifestants applaudissent à tout rompre. Quant à Jean-Marc Ayrault, le chef de file des socalistes à l’Assemblée, il a dénoncé un «retour à l’esprit de l’ORTF» visé par le texte de réforme.
Le PS va-t-il trouver dans la réforme de l’audiovisuel l’occasion de s’allier avec le Modem, pour faire preuve d’une opposition forte? Pas si sûr. Car Ayrault n'estime pas, comme le président du MoDem, que le texte «mérite une motion de censure». «S’il y avait une motion de censure, ce serait contre la politique du gouvernement en général, pas sur ce projet de loi en particulier.» Et là, «on verra si Bayrou est toujours d’accord pour la motion de censure», sourit le maire de Nantes.
Alice Antheaume (à l'Assemblée nationale)