Ces voix qui font parler et disent beaucoup

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Publié le 4 novembre 2008.

« Aie confiaaaaaance », sifflait Kaa... Hommes et femmes ne sont pas égaux devant la voix, et certains ont la tessiture plus convaincante que d'autres. Anne Karpf, journaliste britannique spécialiste de la radio, en a tiré un livre passionnant : La Voix, un univers invisible (éd. Autrement). Pour 20 Minutes, elle livre une analyse de voix célèbres.

· Hitler, la voix de l'enfer

Hurlante, la voix du leader nazi vibrait à 228 vibrations par seconde, contre 200 pour une voix déjà bien en colère. « Il arrivait à déclencher une sorte d'hystérie de masse simplement en parlant. » Les services secrets américains projetaient d'ailleurs de lui brouiller le son en glissant des hormones féminines dans sa nourriture. Ce plan, qui n'a jamais été mené à bien, « est une reconnaissance du pouvoir incroyable de sa voix sur les foules ».

· Obama, le prêcheur

Lui aussi a fait un rêve... « Comme Martin Luther King, il a un don pour la rhétorique, dans la tradition du prêche des églises afro-américaines. Sa voix galvanise et inspire le respect. En revanche, en petit comité, il est moins à l'aise, sa voix est un peu distante. Il n'a pas ce don incroyable qu'a Bill Clinton de créer une vraie intimité avec ses interlocuteurs. » Et McCain ? Devancé dans les sondages, il a le dépit qui colle au palais « sa voix est irritée, encombrée par le succès d'Obama, et porte aussi les traces de la maladie. Il est parfois à bout de souffle. Cela joue contre lui. »

· Sarkozy, un coffre mini

Plutôt haut perchée, la voix du président français souffre d'une caisse de résonance au format inadéquat. « C'est un homme de petite taille. Il lui manque de l'ampleur, du coffre. Ces éléments, combinés avec l'excitation qu'il montre parfois, donnent l'impression qu'il ne se maîtrise pas complètement. »

· La Voix, du ciel ou de la rue

Dans « Secret Story », « la Voix » est grave, mature et semble tombée du ciel. « Comme la voix de Dieu ou du Magicien d'Oz, elle détient un pouvoir. » Mais dans « Big Brother » version britannique, c'est un tout autre style avec Marcus Bentley « une voix très jeune, avec un accent de Newcastle. Cela donne à l'émission un ton ironique, empreint d'autodérision et de plus de légèreté. » Au point que certains l'ont comparée à du caramel pour l'oreille.

Anne Kerloc'h - ©2008 20 minutes
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