Xavier Couture: «Orange est un nain par rapport à Canal et son groupe Vivendi»

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Publié le 10 octobre 2008.

MEDIAS - Interview de Xavier Couture...

«Le public n’est pas de la matière abonnable». A 57 ans, Xavier Couture, directeur des contenus d’Orange, se refuse à pêcher les clients comme des poissons. Transfuge de Canal et TF1, admirateur de «Tintin», dont il a des tableaux accrochés partout dans son bureau, il dit bosser comme «jamais» depuis qu’il est arrivé, depuis presque un an, chez l’opérateur téléphonique. Alors qu’Orange vient de lancer des chaînes cinéma, après celle du foot, Couture évoque sa stratégie avec une énergie insensée. Interview.
 
Pourquoi Orange se met sur les créneaux du foot et du cinéma?
Traditionnellement, la télé payante a toujours eu recours à des produits «premium» dont on sait qu’ils attirent les publics. Le sport en est un, car il produit des grands événements, surtout le foot. Le cinéma, produit d’appel pour la télé payante, en est un autre. A partir du moment où la télé d’Orange s’est vue privée, lors de la fusion Canal Sat/TPS, de sport et de ciné, il était important de reconstituer une offre. Nous avons bouché les trous dans la raquette.
 
On parle de «guerre» entre Canal+ et Orange. Pourquoi?
Il n’y a pas de guerre mais des conditions de concurrence voire de tension qui sont celles du business. Et encore, concurrence est un grand mot vu que nous sommes un nain par rapport à un groupe comme Vivendi qui détient Canal, investit 1,2 milliard d’euros pour les contenus de la chaîne cryptée et met deux fois plus d’argent dans le foot que nous. Mais comment expliquer le terme «guerre»? Je pense qu’il y a un intérêt objectif de Canal à crier avant d’avoir mal et un intérêt médiatique pour la presse à faire monter sur le ring Orange et Canal.
 
Canal surnomme Orange «Casimir, le gros Orange». Comment réagissez-vous?
Certes, j’ai pris un peu de poids à cause de l’accumulation de travail et de stress qui m’empêche de faire autant de sport que je le voudrais. Quant à ma ressemblance avec Casimir, je la laisse à l’appréciation des amoureux de «L’Ile aux enfants».
 
Quels sont vos projets pour la télé d’Orange?

On ne va pas se mettre à faire de la télé tout azimut. Sur le foot, on ne va pas acheter tous les droits de la Ligue1. Néanmoins, Orange foot, avec 5 h par semaine, est un peu «stretch». A nous de nous développer un peu pour en faire une vraie chaîne.
Il faut qu’un jour on possède un portail Web sur la télé. Que la télécommande serve de souris. En famille sur le canapé, on regardera où aller en vacances ou on chattera à plusieurs avec grand maman sur l’écran de télé.
 
Personne n’a compris qu’Orange avait une télé pour le foot. Domenech a même téléphoné à Canal pour savoir où regarder les matchs du samedi soir…
Nous sommes conscients de cela. Le public est lent à réagir, mais combien d’automobilistes ont acheté instantanément le gilet et le triangle? Au quotidien, les Français ont d’autres priorités que d’aller acheter un gilet ou un décodeur. Il y a une sorte d’inertie et un apprentissage nécessaire. A la naissance de Canal, il fallait aller chercher un décodeur dans une boutique et le brancher sur sa télé. C’était simple. Et pourtant, ça paraissait compliqué aux gens. Mais ça va décoller. Et quand ça part, ça part de façon vertigineuse grâce au bouche-à-oreille.
 
Pourquoi ne communiquez-vous pas sur le nombre d’abonnés à la télé d’Orange?
Je ne peux pas m’exprimer sur les chiffres, car ce sont des informations financières qui impactent la vie économique d’une entreprise cotée.
 
Sur la musique, laissez-vous le morceau à Apple?
Nous ne laissons rien tomber, nous ne lâchons rien. Face à Apple et SFR, assez puissants dans le domaine de la musique, nous réfléchissons à des offres efficaces, notamment Music Max, qui permet de télécharger sur téléphone et PC près d’un million de titres (12 euros par mois).
 
Si je suis abonné chez Orange uniquement au téléphone, mais pas à l'Internet, puis-je regarder une série télé sur mon mobile?
Oui. On a deux offres. L’une sur PC et télévision à 12 euros par mois. L’autre sur téléphone mobile à 6 euros par mois. Idéalement, on aurait préféré faire une seule offre sur trois écrans (télé, ordinateur et téléphone), mais la réglementation nous impose de faire des offres différentes.
Recueilli par Alice Antheaume
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