Une histoire que l'on croyait connaître. A partir de 20 h 50, France 2 consacre un téléfilm à la vie et à la mort d'Anne Frank, adolescente juive dont le Journal, publié après sa mort en 1945 dans un camp de concentration, a été vendu à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires et traduit en plus de soixante langues. Si des fictions et des documents lui ont déjà été consacrés, « c'est la première fois qu'une production obtient le droit d'adapter le texte du Journal dans son intégralité », souligne Patricia Boutinard-Rouelle, directrice de l'unité documentaire de la chaîne.
Pour le tournage, « l'Annexe », nom donné à la cache où Anne et sa famille vécurent reclus durant deux ans, a été entièrement et minutieusement reconstituée. Le téléfilm est suivi du docu Anne Frank, l'après-journal. Son coréalisateur, Christophe Weber, a tenu à relater les rebondissements de l'histoire du Journal : « Elle s'étend sur des décennies, et encore aujourd'hui. » Il rappelle ainsi la polémique - close - sur son authenticité, lancée par des négationnistes. On apprend aussi que dans les années 1960, un ancien collabo a offert ses services au nazi autrefois responsable de l'arrestation de la famille, pour diffamer Otto Frank, père de la jeune fille et seul rescapé de la famille. Le documentaire restitue de nombreux extraits d'interviews de celui-ci et filme l'intérieur de sa maison de Bâle, dans laquelle il vécut avec sa seconde épouse. « Un endroit qui ressemble à "l'Annexe"... nous étions sidérés, raconte Christophe Weber. Cela montre à quel point cette expérience a été un enfermement à vie. »