Ah ! La gare de Zurich. Ses trains, ses couloirs, ses chanteurs lyriques... Dans le hall principal, l'orchestre et le choeur de l'Opéra de Zurich. Sur les quais, dans les cafés, aux guichets, la soprano Eva Mei et le ténor Vittorio Grigolo incarnent - avec micros et oreillettes pour le retour son - les amants de Verdi, Violetta et Alfredo. Partout, de puissants projecteurs, seize caméras, des câbles, trois chefs d'orchestre d'appoint, une centaine de techniciens... Le tout au milieu de voyageurs ébahis. Depuis dimanche, la plus grande gare de Suisse se fait scène d'opéra pour les répétitions de La Traviata, avant la seule et unique représentation, ce soir à 20 h 05, en direct sur Arte et arte.tv.
« C'est à la télévision que l'on pourra vraiment se rendre compte de la prouesse technique et artistique », explique Christian Eggenberger, producteur de la télévision suisse alémanique (SF), à l'origine du projet. La création d'une oeuvre lyrique, c'est l'occasion de « capter de nouveaux spectateurs », pour le directeur de l'Opéra de Zurich, Alexander Pereira. Selon Jean Wittersheim, chef de l'unité spectacles d'Arte, « l'opéra est un spectacle haut de gamme bien trop souvent élitiste. Là, il vient chez les gens, est accessible à tous, aux mélomanes comme aux profanes. » Et pour que cette Traviata soit encore plus intelligible, une présentatrice explique l'histoire au cours de petits intermèdes. Plus que quelques problèmes de son à régler, et l'art lyrique pourra entrer en gare.