Le choc des photos, le poids des retouches

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Publié le 26 septembre 2008.

MEDIAS - La Société des journalistes (SDJ) de «Paris Match» parle de déformation de la réalité après une nouvelle retouche sur Sarkozy...

«L'altération des photos déforme la réalité et doit être, en ce sens, strictement interdite.» Cette phrase est celle de la Société des journalistes (SDJ) de «Paris Match», qui proteste contre une photo retouchée du pape en compagnie du couple Sarkozy, publiée dans le numéro du 17 septembre 2008, et prise à la sortie de la salle des fêtes de l'Elysée, le 12 septembr e au début de la visite de Benoît XVI en France.
 
Sur cette photo, une bizarrerie s’est glissée: on y voit le président de la République «affublé d'une troisième jambe», a expliqué la SDJ dans un communiqué. Cette jambe, c’est la marque restante d’un garde du corps, placé derrière Nicolas Sarkozy, qui a été effacée par le photographe lui-même, Pascal Rostain.
 
L'erreur

Celui-ci le reconnaît: «Il y avait la tête d'un mec du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République, ndlr) juste derrière Sarkozy. J'ai d'abord essayé de la flouter (...) puis j'ai pris moi-même la décision d'enlever cette tête.» En oubliant les jambes. Une «erreur énorme», regrette Pascal Rostain.

Mais une erreur est passée inaperçue. «A Match, on n'a pas fait attention à ce pied qui dépassait. Si on l'avait su, on aurait retiré cette photo du choix», a expliqué le rédacteur en chef photo de «Paris Match», Guillaume Clavières, qui ajoute que la retouche n’est pas de leur chef: «Nous l'avons publiée telle qu'elle nous a été fournie.»

Arrêter l’hypocrisie

La SDJ ne compte pas laisser passer la bourde: «Les nouvelles technologies qui permettent la manipulation des images rendent plus ténue la ligne qui sépare les faits de la fiction». Une phrase qui fait aussi écho à la retouche faite sur les poignées d'amour de Nicolas Sarkozy sur sa pirogue pendant l’été 2007. Une photo parue dans «Paris Match» aussi. Et une retouche faite, sans «qu'aucune instruction» n'ait été donnée, confiait alors l'Elysée.
 
«Il faut arrêter l'hypocrisie, depuis l'avènement du numérique, les photos (...) sont évidemment retouchées, on rend nos photos plus esthétiques», rétorque Pascal Rostain. Mais pour la SDJ de Paris Match, la coupe est pleine: «Seules les techniques traditionnelles de cadrage, de réajustement des contrastes, des échelles de couleurs, sont tolérées».
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