Anna Walentynowicz, inconnue du grand public, et pourtant cofondatrice du syndicat polonais Solidarnosc. Sur Arte, demain à partir de 21 h, un film puis un documentaire reviennent sur cette militante. Ouvrière des chantiers navals de Gdansk, son licenciement a mené, en août 1980, à la grève et à la création de Solidarnosc, premier syndicat autonome du bloc de l'Est. Pourtant, c'est Lech Walesa que l'histoire a retenu. L'a-t-il évincée ? C'est la thèse que défend le documentaire de Sylke Rene Meyer. Un parti pris que regrette Jean-Yves Potel, auteur de Scènes de grève en Pologne (éd. Noir sur blanc) : « Walesa était le leader naturel de ces grèves, Walentynowicz n'est qu'une des figures de cette dissidence. Mais il est vrai que tout est parti d'elle. » Autre raison de son anonymat : « Son rôle a été décisif entre août 1980 et décembre 1981, mais elle n'a pas pesé dans la vie syndicale et politique par la suite », explique François Bafoil, chercheur au Ceri. Contrairement à Walesa, Prix Nobel de la Paix en 1983 et, surtout, président d'une Pologne postcommuniste de 1990 à 1995.