TELEVISION - Les spéculations continuent de naître sur fond de crise...
Que se passe-t-il autour du projet de réforme de France Télévisions? Alors que les
spéculations vont bon train sur l’avenir de l’audiovisuel public et sur
le sort de ses dirigeants, la future loi tarde à être examinée.
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L'examen en conseil des ministres du projet de loi sur l'audiovisuel public, prévu pour le 8 octobre, vient d’être repoussé. «On est plutôt aujourd'hui sur la date du 15 octobre, mais rien n'est figé dans le marbre», a indiqué le ministère de la Culture et la Communication. Pourquoi? «Le texte de loi doit être complété, il y a des petites retouches à faire sur la forme», dit encore le cabinet de Christine Albanel, qui rappelle que l'ordre du jour d'un conseil des ministres n’est en général connu que… la veille.
Des dates reportées, des incertitudes qui s’installent…
Toute la semaine dernière déjà, a été attendu l’arbitrage de Nicolas Sarkozy sur ce texte. Arbitrage finalement survenu vendredi soir, presque en catimini après une réunion à l’Elysée sur le sujet avec Christine Albanel, la ministre de l’Economie Christine Lagarde, le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer Yves Jégo (qui suit le sort de RFO), Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet de François Fillon, Claude Guéant et son adjoint François Peyrol.
Au sortir de cette réunion, Nicolas Sarkozy a demandé à ce que l’exposé des motifs qui précède la loi soit remanié. Selon
Lepoint.fr qui révèle l’histoire, la «rédaction actuelle déplaît au Président car elle n'insiste pas assez sur l'objectif culturel de la loi. Il souhaite que le nouveau texte reprenne les grands thèmes du nouveau cahier des charges de France Télévisions qui fait la part belle à la musique, au théâtre, aux livres... Bref, Sarkozy veut un exposé des motifs plus lyriques et moins techniques.»
Autre modification demandée par le président de la République: une division de cette réforme audiovisuelle en deux lois. Une qui concerne la construction d’une «entreprise unique» et les modalités de nomination du patron de France Télévisions. Une autre qui régit la
suppression de la publicité et les taxes pour compenser les pertes financières.
De plus, l’article sur la nomination du boss de France Télévisions - actuellement Patrick de Carolis - devrait être réécrit pour entériner l’équipe actuelle à son poste jusqu’en 2010, fin de son mandat. Nicolas Sarkozy «ne souhaite plus porter le fer publiquement contre le PDG de France Télévisions, malgré l’agacement croissant que ce dernier lui inspire», interprète
Renaud Revel sur son blog.
Passe difficile
En attendant la suite, Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions, en charge des antennes, assure que France Télévisons vit une
«période incroyablement difficile». Une partie de ses recettes va se tarir dans «100 jours», le 5 janvier 2009, date à laquelle la pub doit commencer à être supprimée, si le projet est adopté.
Selon lui, il est impossible de dire si les crédits nécessaires au développement de France Télévisions seront assurés par le futur projet de loi. Ce à quoi le ministère de la Culture et de la Communication a riposté: «Le compte y sera».
AA