MEDIAS - Le chroniqueur et dessinateur, viré de «Charlie Hebdo» cet été, passe à l'offensive et dégaine «Sine Hebdo». 20minutes.fr a comparé pour vous ces deux journaux...
Siné passe à l’offensive. Viré de «Charlie Hebdo» cet été, il a dégainé mercredi «Siné Hebdo», journal diffusé le même jour et au même prix que celui de Philippe Val. Et se positionne assurément comme le concurrent officiel de «Charlie Hebdo». 20minutes.fr a comparé pour vous ces deux journaux estampillés irrévérencieux.
>> A lire: notre dossier sur Siné.
La Une
Sur fond rouge pour «Charlie», vert (de l’espoir?) pour «Siné», les deux journaux se démarquent dès la couverture. Si le premier consacre son numéro et sa une à la visite du pape en France, vendredi et samedi, le second, qui doit encore se faire connaître, propulse en couverture Siné, la star du journal, avec doigt d’honneur ostensible et large sourire pour son retour («encore moi!», s’exclame-t-il). «Siné» joue à fond la carte de l’irrévérence, comme l’indique le tampon «journal mal élevé», en forme d’avertissement aux lecteurs. Chez «Charlie», le Pape fulmine et semble lui répondre: «Le fumier! Je m’en doutais!». Il réagit en fait au titre «Dieu n’existe pas!».
Le contenu
Billets d’humeur et dessins satiriques se succèdent au fil des deux journaux. «Siné» met en avant ses plumes (Guy Bedos, Michel Onfray, Jackie Berroyer, Isabel Alonso etc.) mais l’ensemble du journal paraît décousu, compilation de billets sans ligne directrice ou thème dominant. Dans les deux journaux, pas un mot sur la brouille entre Siné et Val. Sur la balance, il affiche 16 pages contre 24 pour «Charlie».
Le ton
A charge, forcément à charge, pour les deux journaux. La cible préférée de «Charlie» reste la religion et le pape en prend pour son grade. Exemple de «bons mots»: «Le diable s’habille en Prada» en légende d’un dessin de Benoît XVI, «Pédophiles, chômeurs, consanguins, bienvenue chez Jésus-Christ», «Sarkozy invite encore un dictateur», «Rencontre au sommet entre le suppositoire et le trou du cul»…
Chez «Siné», on réagit sur tout. L’affaire Clavier: «Pisser dans une piscine pour des vandales, c’est presque banal», estime Sylvie Caster. Le juron télévisuel de Françoise Laborde, au JT de France 2: «La cinquantaine joviale et assurée, avec ses coiffures pyrotechniques et sa bouche de guingois qui lui donne l’air un brin vanneur, on aurait tendance à lui pardonner plus volontiers qu’aux autres de ne pas avoir réussi à trouver un honnête travail pour gagner sa vie», juge Didier Porte. La grossesse de Rachida Dati: «Le père? Quel père? J’ai été victime d’une tournante dans une cave!», lui fait-il dire dans une caricature. Dans «Charlie» comme dans «Siné», finesse et satire ne font pas toujours bon ménage.
Sa. C.
En rupture de stock
Le numéro 1 de Siné hebdo était écoulé dans de très nombreux points de vente dès la fin de matinée, malgré un tirage de 140 000 exemplaires. 5 000 exemplaires supplémentaires, prévus notamment pour la Fête de L’Humanité, ont été utilisé pour réassortir certains magasins en urgence, a précisé l’imprimeur du journal, Gilbert Caron. Un retirage de 15 000 publications sera livré ce jeudi.