TELEVISION - La sortie du patron de France Télévisions le pousse-t-il vers la sortie?
Patrick de Carolis est enfin sorti de sa réserve. Mercredi sur RTL, le président de France Télévisions a réagi aux différents assauts de l’Elysée. «Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différences entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et
je trouve cela profondément injuste», a-t-il calmement déclaré.
«Depuis trois ans avec Patrice Duhamel, avec les équipes de France Télévisions, nous nous efforçons de faire une télévision respectable et j'entends qu'elle soit respectée».
Avant d’embrayer sur le nerf de la guerre: le financement de France Télévisions, en question depuis que Nicolas Sarkozy a annoncé à la surprise générale la fin de la pub sur France Télévisions le 8 janvier. «A la fin de l'été, courant septembre, nous verrons si le compte y est, s'il n'y est pas, je prendrai mes responsabilités». Comprendre: s’il le faut, je quitterai le navire.
L'épisode France 3
Mais qu’est-ce qui a bien pu énerver Patrick de Carolis à ce point? En janvier, il avait même salué dans un communiqué la décision présidentielle de supprimer la pub. Et le 25 juin, lors de la remise du rapport Copé sur l’avenir de la télé publique, celui qui avait écrit un livre avec Bernadette Chirac, l'épouse de l'ancien président de la République, avait même dit aux journalistes qu’il se sentait soutenu par l’Elysée.
Mais lundi soir, le président de la République était invité au 19/20 à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne. Très remonté contre les manifestants du service public audiovisuel venu l’accueillir, Nicolas Sarkozy a montré son agacement.
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A l’antenne à la fin du journal, il laisse surtout entendre une fois de plus que les programmes de France Télé ressemblent trop à ceux des chaînes privées. Cette fois, le vernis de la bonne entente craque. Et Patrick de Carolis riposte.
Peut-il rester à la tête du paquebot?
A tel point que se pose désormais clairement la question de son avenir. Peut-il rester à la tête du paquebot France Télévisions en étant publiquement en désaccord avec le chef de l’Etat, l’Etat étant son actionnaire? A-t-il les moyens de cette guerre ouverte avec le président de la République? Evoquer son départ à la rentrée équivaut à emprunter une pente très périlleuse. Car à entendre les confidences des proches du chef de l’Etat, c’est précisément le but recherché depuis des semaines.
«La loi sur l’audiovisuel public sera en examen à la mi-octobre, nous confiait récemment un conseiller. Se posera alors la question du mandat actuel du président de France Télévisions. Ira-t-il jusqu’à son terme (2010), ou s’arrêtera t-il avant?»
Mercredi matin, le «Canard Enchaîné» rapporte des propos de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, à propos de l’ancien présentateur de «Des racines et des ailes». «On ne va pas perdre notre temps à le déstabiliser pour qu’il tombe tout seul, on va juste le pousser». N’est-ce pas ce qui vient de se produire?
Les noms des successeurs qui circulent déjà, c'est par ici…
Raphaëlle Baillot