Après Moscou, c'est dans la nuit chinoise que Xavier de Moulins a immergé la caméra subjective de «Paris Dernière». Son road-movie nocturne se mue donc en «Pékin Dernière», ce soir à 22h20 sur Paris Première. Mais la place Tiananmen n'est pas le Kremlin. Finies les fêtes exhibos avec Houellebecq et Beigbeder, ivres de vodka et mannequins à chapka. «Ici, l'argent est roi mais les Chinois ne connaissent pas encore le bling-bling», sourit Xavier de Moulins.
Ces murailles de retenue, ne l'ont pas arrêté. Avec sa petite caméra de touriste, il a pénétré dans une fête où les clichés volent en éclats, aussi fragiles qu'un vase Ming. La Cité interdite ne l'est plus, elle accueille un défilé de mode! Au coeur du quartier Dashanzi, les usines militaires se muent en galeries d'art underground. Au Block 8, ce pékin moyen qui traverse le dancefloor est «le fils du n°5 du gouvernement chinois ». Le manager français, cernes noirs et tête de malandrin mandarin, se la raconte. Dieu que c'est compliqué de faire un plan de table dans ma boîte, entre mafia chinoise, russe, les femmes, les maîtresses, enfin tu vois quoi.
«Bien sûr, il y a toutes ces images de soirées, mais nous ne masquons pas les problèmes politiques», tient à souligner Xavier de Moulins. Pendant six minutes, le journaliste Federico Rampini, qui vit à Pékin, évoque «la dégradation de l'atmosphère de liberté». Et au détour d'une rue, des ouvriers du Sichuan (le tournage a eu lieu fin avril, avant le séisme) rappellent l'extrême rudesse des chantiers des Jeux olympiques.