Pour ses annonces, Orange la joue très bleu. Celui de la mer en bord de Croisette. On rembobine. Après avoir choisi le MIP-TV de Cannes en avril pour dévoiler l'arrivée de son bouquet de chaînes «Orange cinéma séries», elle a secoué le festival en annonçant que sa télé serait disponible pour 98 % des foyers français à partir du 3 juillet. Précisions sur une offre qui a l'impact d'un petit séisme sur les horizons audiovisuels.
· C'est pour qui ce beau bouquet? «Cette offre par satellite va faire disparaître la séparation entre les urbains connectés à l'ADSL, et les autres un peu laissés pour compte », précise Raoul Roverato, directeur exécutif d'Orange, en charge des nouvelles activités de croissance. Pour recevoir les chaînes, il faudra souscrire à l'abonnement, posséder une Livebox, l'ADSL ou une parabole.
· Comment sera-t-il composé ? Au départ, on y verra «entre quinze et vingt chaînes, puis, à terme, la soixantaine qui existe déjà sur notre offre triple play par ADSL», selon Roverato. Ce à quoi il faudra rajouter les fleurs médiatiques «Orange cinéma séries» avec six chaînes riches en séries, ciné et foot lancées en septembre, de la vidéo à la demande, de la télé de rattrapage et, dès le 9 août, une chaîne proposant «une façon neuve de regarder le football, articulée autour de l'interactivité avec des offres multi-écrans (TV, PC, mobile)».
· En quoi sème-t-il pour l'avenir? Pour Philippe Bailly, du cabinet NPA Conseil, «demain, on aura deux formats de télé. Soit de la télé pure, avec la TNT gratuite dont le coût d'accès sera faible, celui d'un simple décodeur. Soit du triple play, comme le propose Orange, avec du téléphone, du haut débit et de la télévision. Je ne serais pas étonné si on assistait à l'avenir à un rapprochement de Canal+ et Neuf pour une offre comparable.» Soit la télé tous écrans, et tout en un.