Que vaut « A demain si vous le voulez bien », si la formule n'est pas prononcée par Lucien Jeunesse ? Décédé hier à l'âge de 89 ans, l'animateur du « Jeu des mille francs » sur France Inter cultivait sa voix. « Douce, suave, affable, formée au music-hall », dit d'elle Yann Pailleret, qui fut son assistant de 1990 à 1995, date à laquelle Lucien a arrêté de présenter le programme qu'il accompagnait depuis trente ans.
Ses textes, écrits au cordeau, se permettaient souvent quelques rimes. « C'était un chanteur qui a fait carrière à la radio », a estimé, hier sur France Inter, son successeur Louis Bozon. D'où sa faculté à placer sa voix, à charmer son interlocuteur. Il calait son micro sur le menton comme pour se rapprocher des auditeurs. « Dès qu'il était à l'antenne, sa personnalité était avant tout reconnaissable dans sa manière aimable et distinguée de s'adresser aux autres, poursuit Yann Pailleret. Sa voix particulière allait à l'encontre du formatage actuel qui ne permet plus de distinguer les journalistes à l'antenne. »