En avant la Marseillaise: à 20h15, le président de la République s'exprimera sur TF1 et France 2. Décor design, intervieweurs rajeunis et traductions en anglais, arabe et langue des signes (sur France 24 et Elysee.fr). L'exercice se veut renouvelé. Mais «la rupture» n'écarte pas les vieux réflexes : journalistes choisis en accord avec la présidence, et direct depuis l'Elysée. Archaïque? Petit tour comparatif à l'étranger de la pratique télévisuelle des chefs d'Etat.
Bush, le plombeur
L'Américain George Bush n'est pas l'invité idéal. «Il plombe l'audience et on éprouve moins le besoin de prendre la température du régime, comme le fait aussi souvent ce malade imaginaire qu'est la France», observe le journaliste américain Ted Stanger. Alors Bush s'incruste autrement. En 2004, il est reçu dans le show de Larry King. Et cette semaine, il a soutenu dans un message vidéo un candidat de la version américaine du jeu « A prendre ou à laisser ».
Merkel et Brown, les tisseurs de Toile
Angela toujours dispo. En dehors d'une traditionnelle interview de rentrée, la chancelière allemande est souvent invitée au JT. Et les cyber-citoyens peuvent podcaster son allocution hebdomadaire. Ça surfe aussi au 10, Downing Street. «Même s'il n'est pas bavard, Gordon Brown a donné dès le premier jour de son mandat une interview aux lecteurs du Daily Mirror, diffusée sur YouTube», se souvient un journaliste du quotidien.
Harper, Monsieur Quarante-huit Heures
Parler peu pour être écouté au maximum. Stephen Harper, le Premier ministre canadien, applique ce précepte théorisé par Jacques Pilhan, le communicant de François Mitterrand. Le dirigeant d'Ottawa accorde en fin d'année deux jours d'interviews à la chaîne, à chaque réseau de télévision. Et c'est tout.
Zapatero, le farceur
L'Espagnol Zapatero varie les genres. Après une version locale de «J'ai une question à vous poser» catastrophique (il avait séché sur le prix d'un café), il a été interviewé par un célèbre humoriste. Et, en octobre dernier, il s'est rendu dans une émission qui mêle actu, glamour et people. A quand Sarko chez Cauet?