Entretien avec Stéphane Malterre, journaliste et auteur du documentaire «Rumeurs, intox: les nouvelles guerres de l'info».
Dans votre docu, vous montrez que des rumeurs ont acquis une dimension presque industrielle...
En travaillant sur les sites conspirationnistes autour du 11 Septembre, j'ai été stupéfait de découvrir que certains avaient l'impact d'un mass media. Avec des films reprenant les codes du docu, comme Loose Change, traduit en dix langues et vu 100 millions de fois... Même moi, quand j'ai vu ce film, je me suis surpris à douter!
Comment les repérer?
Par la méthode. Ils partent avec une conclusion et recherchent après les détails qui peuvent appuyer cette thèse, quitte à manipuler les preuves. Le principe, c'est «à qui profite le crime?»
Comment les médias peuvent-ils réagir?
Quand ce type d'intox a un impact fort, c'est notre devoir d'en démonter le mécanisme, et de tout vérifier. Sans préjugés. Le problème, c'est qu'on peut sortir une théorie bidon en très peu de temps, mais que pour la réfuter, ça demande un boulot de dingue!