Louis Bozon, animateur du «Jeu des 1000 euros sur France Inter.
L'ex-«Jeu des 1 000 francs», fête ses 50 ans. Vous l'animez depuis 1995, il est toujours en tête des audiences avec 1,2 million d'auditeurs. Comment expliquer cette longévité?
C'est totalement lié à l'affectif. Les gens de 15-20 ans découvrent le jeu chez leurs parents, l'ont entendu chez leurs grands-parents. Dans les salles des cent villes et villages que je traverse chaque année, les gens sont comme à la maison, ils discutent, crient, s'échauffent. J'ai un souvenir impérissable de cette jolie femme dont le bébé hurlait pendant qu'elle jouait, aux environs de Saint-Etienne. Au bout d'un moment, elle l'a pris dans ses bras et lui a donné le sein tout en jouant, comme si de rien n'était.
L'affectif, c'est aussi tous ces gens qui vous pourvoient en questions!
Sur Internet, j'en ai une réserve de 38 000, que l'on vérifie toujours avant l'antenne. J'essaie aussi de privilégier celles que je reçois par courrier. J'ai un vivier de 50 fidèles qui m'abreuvent. Ainsi ces deux frères parisiens qui m'envoient des dizaines de fiches par semaine comme «Qu'est-ce qu'un cotignac?». La réponse étant une confiture de coings.
Dans quels domaines les Français sont-ils forts?
En histoire, en géo, mais surtout ils se délectent avec le vocabulaire, la tradition du langage. Régulièrement, on m'envoie la question «Que veut dire immarcescible?» - qui ne flétrit jamais. En revanche, la musique classique, ce n'est pas leur truc du tout.
D'où vient le fameux «ding ding ding» qui ponctue le jeu?
Tout le monde croit que c'est enregistré, mais pas du tout ! Il y a vingt-cinq ans, un auditeur a envoyé l'instrument bizarre qui fait ce bruit, un métallophone. Le manier demande une certaine dextérité. Régulièrement je dois faire signe au technicien pour qu'il garde le rythme. Une fois il a même eu une crampe!
Allez-vous continuer pendant cinquante ans?
En juin, j'arrête, parce que je sens que j'en ai assez fait! Dans tous ces hôtels que je traverse deux semaines sur quatre, les journées sont parfois longues, surtout l'hiver. Mais j'ai horreur du mot fin. Je passe sans doute le flambeau à Nicolas Stoufflet qui officie déjà dans les matinales.