C'est un tournage arraché aux décombres. Alors qu'une guerre se déclare au Liban le 12 juillet 2006, le réalisateur Philippe Aractingi, né à Beyrouth a une « réaction viscérale ». Dès le début du conflit, il est sur place, le chaos dans l'objectif, pour tourner ce qui deviendra Sous les bombes, demain à 22 h 30 sur Arte, et en salle le 14 mai. « Cette partie du tournage n'a duré qu'une journée, après quoi j'ai été rapatrié. »
Durant l'été, il revient. Les bombes se sont tues, reste les blessures de la terre et des hommes. Commence alors un tournage à vif, où les deux acteurs jouant Zeina, la mère qui cherche son fils, et Tony, le chauffeur de taxi, improvisent leurs scènes, de centres de réfugiés en routes éviscérées. Les personnes rencontrées interprètent leur propre rôle, ou un rôle qui raconte leur vérité de l'instant. « On n'a pas fait un film, on l'a vécu souligne le réalisateur, c'était de l'émotion pure. Je voulais laisser la géostratégie pour parler des victimes. » De retour en France, un scénario est écrit, et un dernier tournage organisé, pour rassembler les scènes. Et les émotions éparpillées.