On attendait des actions spectaculaires de Reporters sans frontières (RSF), c'est finalement l'omniprésence de son symbole contre les JO de Pékin ? des menottes en forme d'anneaux olympiques sur fond noir créé lors de la candidature chinoise aux Jeux ? qui fut exceptionnelle. Sur des centaines de tee-shirts portés par les manifestants, sur des milliers de petits drapeaux distribués dès le départ de la flamme, le logo signé RSF a recouvert la capitale au passage du cortège. Trois militants d'origine tibétaine l'ont arboré en badge. Une retraitée l'a même collé sur un carton qu'elle a brandi place de l'Hôtel de Ville.
Enfin, tout au long du parcours de la flamme, encadré par des convois de CRS et des officiels chinois, l'organisation l'a déployé sur d'immenses drapeaux : au premier étage de la tour Eiffel, sur un immeuble de l'avenue Marceau, ou sur la rosace centrale de Notre-Dame. « Ridicule », juge une étudiante chinoise. Pas tant que ça : en l'espace d'une journée, les menottes de RSF sont devenues l'emblème de la dénonciation du régime chinois.