Pourquoi y a-t-il eu un plan de la tour Eiffel en plein direct sur le parcours de la flamme à Paris?

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Publié le 7 avril 2008.

MEDIAS – Retour sur les cafouillages de la retransmission télé…

Couacs dans Paris lors du passage de la flamme. Couacs aussi à la télé. Juste avant 13h, ce lundi, une bousculade vient perturber la retransmission. La minute d’après, plus d’images. Ou plutôt une seule: un plan général et fixe sur la Tour Eiffel. Du coup, le JT de 13h de France 2, n’a pas eu les séquences escomptées pour illustrer le journal.

«La police a arrêté notre motard, qui était notre seule caméra autorisée à suivre la flamme, explique Daniel Bilalian, directeur des sports de France Télévisions, à 20minutes.fr. Du coup, le réalisateur a choisi une image prétexte pour combler le vide, celle de la Tour Eiffel.» A ceux qui y voient la censure du CIO (Comité International Olympique), Bilalian répond qu'«il n’y a pas plus d’intervention du CIO que de beurre en branches.»

Quant à la préfecture de Paris, elle a réagi en disant  n'avoir «en aucun cas souhaité empêcher les caméras de filmer, dont elle a au contraire tenté de faciliter le travail dans un climat tendu.»

>> Pour voir les vidéos, c'est ici >>

«Notre caméra a été exclue du cortège pour des raisons que j’ignore, alors que nous avions toutes les autorisations nécessaires, déplore Michel Perseille, responsable technique. Mais il y a eu un manifestant qui s’est trop approché de Stéphane Diagana, l’athlète qui portait la torche au début. Ensuite, les officiels chinois ont réduit les accès.»

Cafouillages en chaînes


France Télévisions avait revendu ces images à iTélé, qui consacrait un direct à l’événement ce lundi entre 12h et 14h30. En plateau, les journalistes Jean-Jérôme Bertolus et Olivier Benkemoun s’étonnent. «On était comme le téléspectateur, on ne savait pas ce qui se passait, raconte Benkemoun. Mais ce n’était pas le seul moment tendu: plus tard, on a vu David Douillet s’élancer en portant la flamme et être aussitôt stoppé par les Chinois qui faisaient partie du service de sécurité.»

Pour Alexandre Bompard, directeur des sports de Canal +, il n’y a «rien eu de grave» puisque David Douillet a «réussi à passer le relais de la flamme un peu plus loin» que ce qui était prévu. Mais face à cette cacophonie, le malaise était présent chez les dirigeants des télés. Rodophe Belmer, directeur général de Canal+, ne s’est pas répandu en commentaires: «on a vu aujourd’hui que la chorégraphie des JO était compliquée. Mais l’intérêt était de parler des problèmes de la Chine et de contribuer au débat.»

Daniel Bilalian le déplore: «nos amis chinois sont très présents et très stressés. D’ailleurs, c’est pathétique: dès qu’on parle de sport en ce moment, on voit des policiers», a-t-il repris en faisant allusion à la banderole lors du match Lens-PSG. Selon le directeur des sports, il aurait fallu «raccourcir ce chemin de croix vu ce qu’il s’était passé la veille à Londres

«C’était assez rock n’roll mais ça ne nous a pas empêché de faire notre travail d’information», reprend Valérie Lecable, la patronne d’iTélé. «J’en ai eu pour mon argent», sourit-elle.
Alice Antheaume et Raphaëlle Baillot
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