«Charlie Hebdo»: Les recettes s'envolent depuis deux ans mais cachent une mauvaise gestion

PRESSE Après l'attentat perpétré par les frères Kouachi contre la rédaction du journal satirique «Charlie Hebdo» le 7 janvier 2015, les ventes du journal n'ont pas cessé de grimper ...

A.I.

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Le numéro anniversaire de Charlie Hebdo en kiosque le 6 janvier 2016 à Paris

Le numéro anniversaire de Charlie Hebdo en kiosque le 6 janvier 2016 à Paris — JACQUES DEMARTHON AFP

Le 7 janvier 2015, à 11h25, Saïd et Chérif Kouachi ouvrent le feu  dans la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo. Un agent d’entretien, deux policiers, huit journalistes et un invité viennent d'être assassinés. 

Depuis cette tuerie sans précédent, les ventes de l’hebdomadaire se sont envolées, comme un symbole.

83 millions d’euros de chiffre d’affaires

Ventes, abonnements, dons et aide publique, Charlie Hebdo a donc bénéficier de cet élan de solidarité. Entre 2015 et 2016, 83 millions d’euros de chiffre d’affaires ont été réalisés, pour un résultat net de 16,9 millions d’euros, rapporte BFM Business, qui a enquêté sur la gestion de l’hebdomadaire. Le nombre d’abonnés a même monté, en février 2015, jusqu’à 260.000.

Mais malgré ce profit impressionnant, aucun dividende n’a été distribué. Car les objectifs que la rédaction a pris en 2015 et le résultat final révèle une différence notable.

Rien n’a vu le jour

Les documents  du bilan de l’actif et du passif de l’hebdomadaire montrent que la direction a tout simplement mal géré tout cet afflux d’argent. Le lancement d’une version de Charlie Hedbo en allemand, qui devait atteindre les 10.000 abonnés afin d’assurer sa rentabilité, à a peine vécu un an. Puis, la création d’une fondation pour « défendre le dessin de presse » n’a quant à elle jamais vu le jour.

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La volonté de « créer un collectif pour ouvrir des négociations sur une répartition égalitaire du capital » avait été également été affichée par Laurent Léger, l’un des rares rescapés de l’attentat. Mais face à une volonté qui n’a jamais vu le jour, beaucoup de journalistes s’étaient opposés à ce que le capital ne soit pas ouvert à tous les employés, et avait définitivement claqué la porte au journal.