Décès du patron de «Ouest-France»: Paix, Europe, peine de mort… Les grands combats de François-Régis Hutin

DISPARITION Le patron du journal «Ouest-France» est décédé dimanche à l’âge de 88 ans...

Camille Allain

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François-Régis Hutin, ancien patron du journal Ouest-France.

François-Régis Hutin, ancien patron du journal Ouest-France. — DELESSARD/NECO/SIPA

  • François-Régis Hutin est décédé dimanche à l’âge de 88 ans.
  • Patron du journal Ouest-France, il a longtemps mené des combats contre la peine de mort ou en faveur de la paix.
  • Au lendemain de sa mort, de nombreux salariés lui rendent hommage.

Comme un symbole. Samedi, à la une du journal Ouest-France, son dernier éditorial était titré « Paix pour Jérusalem ». Réagissant à l’annonce de Donald Trump de transférer l’ambassade des Etats-Unis dans la ville sainte, François-Régis Hutin s’inquiétait de voir « un embrasement général » et lançait un énième appel à la paix. Le lendemain de la parution, le patron de presse s’éteignait à l’âge de 88 ans.

Entré à Ouest-France en 1961, le fils du fondateur du journal Paul Hutin-Desgrées avait pris la présidence du groupe en 1984, succédant à Louis Estrangin. Il n’avait lâché les rênes qu’en octobre 2016, à l’âge de 87 ans, prenant le soin de garder un pied dans le comité éditorial du quotidien. « C’était son journal. D’ailleurs, beaucoup de confrères de Ouest-France l’appelaient patron. Il y avait du respect. C’est presque une figure d’un temps révolu », témoigne Xavier Debontride, journaliste rennais et ancien président du Club de la presse.

Des éditos contre la peine de mort

Décrit comme « un grand homme » par de nombreux salariés du quotidien breton, François-Régis Hutin a au cours de sa carrière défendu de nombreuses causes fidèles à ses valeurs chrétiennes humanistes. Le 19 mars 1980, il n’hésitait pas à titrer « Resterons-nous encore longtemps le pays de la guillotine ? » alors que le gouvernement venait d’annoncer un report du débat autour de l’abolition de la peine de mort. L’ancien patron de presse s’est ensuite engagé contre la bombe atomique ou pour l’amélioration des conditions de détention dans les prisons. « Il a gardé cette force d’engagement jusqu’au bout », commente le député rennais Mustapha Laabid.

Comme les fondateurs du journal, François-Régis Hutin était un grand défenseur de la construction européenne « un garde-fou pour préserver la paix sur le continent », comme l’exprime la direction du journal dans un communiqué, rendant hommage à un homme « animé par le souci constant du respect de la personne humaine ».

Tout au long de sa vie, le patron de presse aura gardé un pied sur le terrain. On l’avait notamment vu partir en Haïti avec son appareil photo sous le bras en 2010, quand l’île avait été dévastée par un tremblement de terre​. Il avait alors plus de 80 ans.