Le Parisien, lui-même, a voulu désamorcer la polémique : hier matin, le directeur adjoint de la rédaction Dominique de Montvalon a révélé sur Canal+ comment l'interview d'hier du Président par des lecteurs a été remaniée par l'Elysée.
Dans le journal, M. Sarkozy dit à Mme Guiraudet, lectrice : « J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre » à propos de l'affaire « pauvre con ». Ces mots donnent même son titre à l'interview. « La phrase était superbe », justifie de Montvalon sur LeParisien.fr. Mais, Sarkozy n'a rien dit de tel : l'Elysée a opté pour ces semi-regrets en fin de journée. « C'est dommage, mais il y a des problèmes plus cruciaux », glisse Mme Guiraudet. A la décharge du Parisien, le journal a reçu le texte de l'Elysée tard, en plein bouclage. Ce matin, il publie les mots authentiques du Président. L'incident interpelle pourtant à propos des limites de la relecture des entretiens par les interviewés : « C'est un équilibre des forces. Le journaliste évite les fausses interprétations, le politique contrôle sa parole, explique Patrick Eveno, historien de la presse. Mais les corrections ne devraient être tolérées qu'en cas d'erreur manifeste. »